mardi 17 juillet 2018

Après Fakarava, Rangiroa ...

Nous serons finalement restés à Fakarava jusqu'au match de foot où la France a battu la Belgique. Le vent étant enfin revenu, nous sommes partis vers le Nord pendant que Fakarever descendait vers Fakarava sud et qu'Infinity était au Yacht Club.
Le passage de la passe Nord de Fakarava se fait à la voile et en douceur : la passe est grande et nous passons au bon moment. Nous étions prêts cette fois : capots tous fermés ! Malgré l'abri des atolls, le vent de Sud Est arrive à agiter la mer (on a entre 25 et 35 kt quand même). On avance mais ça bouge, et on est obligé de zigzaguer entre les atolls pour rester à la voile (génois puis genaker puis genois de nouveau car le vent forcit). Dans l'après-midi, ZZZZZZ ! Chouette un petit thon ! Ce sera notre seule prise de la navigation.
La nuit n'est pas agréable car on bouge mais on avance bien ! La marée est basse à 9h00, sinon c'est vers 13h ... Nous arrivons à la passe de Tiputa vers 9h30 et on se lance ! La mer bouillonne un peu, la passe est plus étroite : on met les moteurs et il le faut car finalement, il y a encore du courant sortant ! Entre les vagues, notre vitesse fond passe de 4 à 0,8 kt (à 2200 tours ! Normalement à cette puissance, nous ne sommes pas loin des 7kt !).
Le lagon est moins agité qu'on ne le pensait et nous allons nous mettre au mouillage au nord de la passe, devant le Kia Ora Hotel. A terre, nous trouvons 2 épiceries et nous craquons sur des pamplemousses (des Marquises !). Jusque là, tous ceux qu'on avait mangés nous avaient été gentiment donnés ; là c'est 900 FCP les 2 pamplemousses (7 euros ! Ça pique un peu).
Nos 2 équipiers iront en reconnaissance au Kia Ora Hôtel, ils en profiteront pour visiter la cave du vignoble qui pousse sur un motu de Rangiroa. Avec dégustation par Cyril, notre spécialiste en vin.
Le soir, nous assistons à un petit spectacle de danse au Kia Ora hôtel. Les percussions et chants tahitiens sont toujours aussi agréables à écouter, et les danses à admirer.
La météo est mitigée pour notre début de séjour à Rangiroa : vent, passage de grains ... Cela n'incite pas à la baignade. On en profite pour aller visiter la ferme perlière Gauguin's Pearl (la navette est gratuite et ils viennent nous chercher au débarcadère d'Otohu). Le guide qui nous reçoit est précis. Allez, c'est la minute culture générale sur les perles de Tahiti :

- Où les fermes perlières se fournissent-elles en huîtres perlières ?

Dans les atolls dont les eaux sont calmes, suffisamment pour que les huîtres qui y vivent au naturel puissent essaimer (les huîtres sont hermaphrodites, selon la température de l'eau ... enfin il faut juste savoir qu'on récolte les "bébés huîtres" à la fin de la saison chaude). Des collecteurs (bouts en polypropylène noir qui apparemment les attirent) sont placés dans le lagon et des "grappes" d'environ 100 à 150 bébés huîtres sont récupérés par bouts. Ces bébés huîtres sont dorlotés pendant 3 ans afin d'atteindre la taille idéale pour la première greffe.
- Pourquoi s'embêter à greffer une huître ? Parce que la nature n'est pas une championne pour obtenir une perle à partir d'une huître et encore moins une belle perle ronde !
- Et finalement, en quoi ça consiste la greffe ?
L'huître de 3 ans est sortie de l'eau, nettoyée et entrouverte. Le technicien greffeur doit d'abord choisir une huître qu'il sacrifiera pour faire des greffons à partir de la partie noire que l'on voit sur la photo. Le choix de l'huître se fait par rapport aux couleurs présentes dans la nacre de la coquille (sans résultat garanti !).
Il découpe la partie noire en petits morceaux de 1 mm : les greffons.
L'autre élément nécessaire est un nucléus, petite bille ronde en nacre fournie par les japonais et issues de la nacre de la coquille d'huître de rivière. Ce premier nucléus fait 6 mm de diamètre.
Dans une petite poche présente dans l'huître, le greffeur introduit un nucléus et un greffon.
Puis l'huître greffée est mise dans un présentoir où chaque huître a sa poche individuelle. Cela permettra de voir quelque temps plus tard si la greffe a pris, ou si l'huître a rejeté le nucléus (qui reste emprisonné dans la poche). Dans ce cas là, cette huître, où il ne reste que le greffon donnera aussi de la nacre mais sous forme de keishi, c'est de la nacre pure, sans nucléus.
A savoir que l'huître greffée est replongée dans l'eau (par 15 à 20 m de fond) pendant 2 ans encore avant la première récolte. Pour la protéger de ses prédateurs (les raies, certains poissons, les tortues ...), les huîtres sont protégées par un tube en filet solide. Les coquilles des huîtres sont percées sur le côté et suspendues sur un bout.
A noter que chaque greffeur a sa couleur de bout, pour que l'on puisse évaluer, 2 ans après, la qualité de son travail. La ferme perlière que nous avons visitée employait 2 greffeurs.
- Une huître, une perle ?
2 ans après la greffe (laisser la perle plus longtemps ne sert à rien : la perle ne grossit pas et risque de développer des imperfections), l'huître est récoltée, sa coquille nettoyée et la perle récupérée.
Un nucléus de la taille de la perle récupérée est réinséré dans la poche. Le greffon initial continuera son travail.
Une huître peut être greffée 3 fois. Elle peut vivre jusqu'à 12 ans mais les fermes, après la troisième récolte, rentabilise au max leurs huîtres : elles récupèrent la partie de l'huître à manger pour les restaurants, donnent les autres parties à manger aux poissons et envoient les coquilles au Japon où est utilisée la nacre.

- Comment classer les perles ? Les perles de la première greffe sont les plus belles et peuvent atteindre jusqu'à 14 mm de diamètre. Elles sont commercialisables à partir du moment où il y a au moins 0,8 mm de nacre sur le nucléus. La plupart des fermes ne vendent pas de perles de moins de 8 mm. Les perles de 2ème et 3ème greffe seront souvent plus grosses mais avec moins de lustre ...
La classification des perles prend en compte leur taille, leur forme (ronde ou semi-ronde ou baroque ou ...), leur couleur, leur lustre, leurs imperfections. Plus elle est parfaite, plus elle est chère bien sûr !
- Le taux de réussite d'une ferme perlière ? Environ 40 huîtres sur 100 produiront une perle ; les perles rondes sont plus rares ; celles sans imperfections, encore plus rares !

Enfin on comprend bien pourquoi c'est cher. La boutique de la ferme contenait de très jolis bijoux mais nous n'avons regardé qu'avec les yeux ... enfin cette fois !
Nos équipiers partiront de leur côté et reviendront le soir contents d'eux, après avoir été chez le coiffeur ... Je ne mettrai pas de photo puisque nous avons à faire à 2 spécimens rares : leur consigne au coiffeur a été d'en couper le moins possible. Il a respecté la consigne ... et nous n'avons pas vu la différence !
Vendredi 13 juillet, nous accueillons Fakarêver dans la passe de Tiputa. Il y a de la vague et ça bouillonne côté courant ... Il hésite et s'engage enfin, après le passage (réussi) d'un monocoque devant lui. Nous étions aux premières loges pour les photos)

L'après-midi, nous faisons un peu de PMT (palmes, masque, tuba) près du motu intérieur de la passe que l'on aperçoit sur la photo : c'est joli et gavé de poissons, les bateaux des plongeurs leur jetant du pain !

Samedi sera une journée PMT : nous partons en annexe avec Fakarever pour des dérivantes dans la passe de Tiputa. Le courant est impressionnant mais les fonds et la faune un peu décevants (on devient difficile !). Pour voir des poissons et petits requins, l'endroit le plus sympa reste le petit motu juste après la passe, où l'on retrouve les bateaux d'excursion qui lancent du pain aux poissons.

Dimanche : premier rendez-vous, le match de foot !! Nous captons la télé à bord mais nos équipiers préfèrent aller à terre pour l'ambiance : ils partent à 3h30 du matin en canoë pour rejoindre la terre puis marchent 45 minutes pour rejoindre le bar où ils passeront un bon moment heureusement !
Quant à nous, Julien (qui avait oublié de mettre le réveil) se fait réveiller à 5h40 par un "Allez la France !" : c'est Fakarever en annexe qui n'a pas osé nous réveiller plus tôt (le match a débuté à 5h du matin !) mais avec 2 à 1 il y a moins de risque ... Julien, une fois n'est pas coutume, se lève rapidement et nous verrons la fin de la première mi-temps et le reste du match avec Hervé, Dominique et Raphaël.
Heureusement, ça se finit bien devant un café et un gâteau au chocolat

Nos équipiers revenus de leur virée à terre, nous partons tous vers le "lagon bleu", un site connu de Rangiroa, et effectivement, c'est beau !!
Le mouillage est compliqué par contre : la visibilité n'est pas terrible, le fond parsemé de patates de corail ... 10 à 12 m de fond avec des patates qui montent pas loin de la surface ! L'ancre en place, on est un peu près d'une patate ... Cyril saute à l'eau pour vérifier la marge par rapport à nos quilles ... et il se retrouve entouré de requins ! Bon, ce sont des pointes noires assez petits mais ça impressionne toujours quand ils commencent à cercler autour du nageur ! Allez le mouillage est validé, à nous le lagon bleu !
C'est ici que le drône est un véritable atout, même si les photos sur les motus sont sympas aussi !







Nous passerons 2 nuits au mouillage, seuls ! Le lagon est magnifique et pleins de bébés requins pointe noire : une vraie nurserie ! Par contre, l'eau est un peu trouble.
Nos équipiers profitent du drône de Fakarêver pour faire une photo "mytho" ! Vive l'équipe de France !!


Julien, en revenant au bateau, décide d'aller vérifier le mouillage : la chaîne est ok mais l'ancre est coincée sous une grosse patate de corail ! Il force un peu sur ses oreilles pour essayer de la décoincer : l'ancre ne bouge pas d'un pouce mais par contre, un tympan a souffert ! Reste à espérer que demain, nous puissions nous dégager du mouillage !
Nous rejoignons un bateau d'excursion à l'extérieur du lagon pour nager au milieu des requins ... là c'est plus impressionnant, à part pour Lilas qui trouve ça très amusant ! Les requins pointe noire sont plus grands et plus nombreux ! Et des fonds un peu troubles, on voit remonter un gros requin ... un pointe noire encore ? Non, ce sont 2 requins citrons ... On en frissonne alors que l'eau est bien chaude !


De retour sur le bateau, pour se remettre de ces émotions, c'est soirée apéro / jeu de société (Time's up). Nous gardons Eloïse à bord pour une soirée pyjama.

Dans la nuit, le vent se lève et le plan d'eau s'agite ! On se fait bien secouer le matin avec presque une petite houle de face ! Nous attendons patiemment que le soleil monte dans le ciel, histoire de voir les patates de corail ! Et vers 10h, on commence à relever la chaîne : ça accroche, les mouvements de tangage du bateau donnent des à-coups et la chaine est visiblement coincée ! Et le guindeau arrête de fonctionner !! Julien remet la patte d'oie, redescend un peu de chaîne ... Vérification faite, c'est juste le disjoncteur qui a sauté (ouf !!) ; on réenclenche et c'est reparti. L'eau est trouble : on ne voit pas le fond donc on ne sait pas où est notre chaîne ! C'est là qu'avoir des équipiers à bord se révèle très utile : Julien est à l'avant au guindeau, moi au moteur et Cyril se met à l'eau pour nous dire ce qui bloque la chaîne. En suivant ses indications, on dégage la chaîne, puis l'ancre, plus facilement que attendu ! Fakarêver, mouillé un peu plus loin, était prêt à nous porter secours avec ses bouteilles de plongée (parce que l'ancre était à 10 m de fond). Enfin on est soulagé de quitter sans encombre ce mouillage. Le site est magnifique mais le mouillage ... pas protégé et truffé de patates de corail (la photo du drône est parlante !!)

Et maintenant, direction notre mouillage précédent (vers la passe de Tiputa) où nous accueillerons demain matin Infinity.


lundi 9 juillet 2018

Les Tuamotu ... whaou !!

Les Tuamotu c'est le paradis ... sans internet : Je profite d'une connexion faible mais stable, à Fakarava, pour mettre à jour. Et pour ceux que le manque de nouvelles inquiètent : soyez tous rassurés, tout va bien à bord !

Reparlons des Marquises :
Après Nuku Hiva, nous avons fait une courte escale à Ua Pou, à 25 Nq au sud. Nous pensions faire le plein de fruits ici avant de descendre aux Tuamotus ... mais nous aurions dû acheter un des régimes de bananes qui pendait sous le chapiteau du petit snack sur le quai à Taioae (où nous avons passé pas mal de temps avec une connexion internet asthmatique mais qui avait le mérite d'être là !).
Le mouillage dans la baie d'Hakahetau, au Nord ouest de l'île, est rouleur. Comme souvent aux Marquises, la plage est un mélange de sable noir et de cailloux. Les rouleaux qui s'y fracassent n'incitent de toute façon pas à la baignade et nous débarquerons (heureusement, un petit quai est à l'abri d'une digue pour les annexes) pour aller nous ballader à terre.
Une première rando nous amènera à une très jolie cascade : eau claire et fraîche juste ce qu'il faut, belle "piscine" naturelle en bas de la cascade. C'est magnifique mais ... nous ne sommes pas les seuls à apprécier l'endroit : c'est infesté de moustiques ! Pour leur échapper, une seule solution : se jeter à l'eau, ce que nous ferons tous précipitamment !! Le départ sera tout aussi précipité : rhabillage express avec des centaines de moustiques qui se posent sur le moindre bout de peau dévoilé ! Dommage ! On aurait bien pris notre temps pour une séance photo digne de ce nom.
Le lendemain, Infinity (qui finalement nous a rejoint plus tôt que prévu) se joint à nous (6Gone et Lotus) pour une petite rando vers un habitant atypique : il s'est installé des années plus tôt, tout au fond de la vallée et après avoir planté des arbres, il récolte maintenant leurs fruits et fabrique du chocolat ! Nous repartirons avec quelques tablettes bien sûr !!
Dimanche midi, nous mangeons chez Ti Pierrot, un ancien marin qui tient un petit resto chez lui à l'occasion. Le personnage est sympathique et la cuisine excellente ! On passe un très bon moment et on se régale ! Le matin, certains ont assisté à la messe du village et nous irons retrouver le curé l'après-midi : il nous avait gentiment proposé de venir cueillir des pamplemousses chez lui !
Et c'est grâce à sa gentillesse que nous repartirons d'Ua Pou, dans la soirée, avec des kilos de pamplemousses à bord.

Inifinity part devant, et arrivera devant nous à Tahanea, 3 nuits plus tard (mais pas de beaucoup, l'honneur est sauf !). Notre premier contact avec les Tuamotus est enchanteur : la passe est facile donc pas de frayeur et nous voilà devant une jolie plage, avec une eau cristalline. Julien s'inquiète de la profondeur : on voit tellement bien qu'on estime à 3/4 m la profondeur alors qu'il y a 12 m ! ça mérite de faire voler le drône !!

Le lendemain, nous faisons une sortie snorkeling dans une des passes : on saute de l'annexe avec palmes, masque et tuba et on se laisse dériver avec le courant entrant qui nous ramène dans le lagon, en admirant les fonds et la faune : quelques requins, 2 raies mantas, toutes sortes de poissons, des beaux coraux ... on en prend pleins les yeux !


Nous apprenons le 29 juin que 6Gone, qui vient de quitter Ua Pou pour Tahiti, a perdu sa trappe de secours (celle qui est sous la plateforme, pas loin de la ligne de flottaison et qui permet de rentrer de nouveau dans le bateau s'il est retourné. Tous les catas en ont une, ou deux !). C'est la cata : grosse voie d'eau à bord ! Ils feront demi-tour vers Ua Pou, secouru par un bateau avec une grosse moto-pompe pour évacuer l'eau ! Plus de peur que de mal : après une réparation de fortune et un asséchement de la coque, les dégâts permettent de rejoindre Tahiti, où ils devaient sortir le bateau (pour régler aussi le problème de l'hélice perdue pendant la transpacifique !). On devrait les retrouver à Tahiti bientôt.

Pendant ce temps, nous profitons de Tahanea avec Infinity en changeant de mouillage plusieurs fois. Barbecue sur la plage, chasse aux coquillages, plongée, voile (Inifinity a un TIWAL, un genre d'optimiste gonflable et Julien sa planche à voile ... qu'il ne pourra pas monter, le diabolo de son pied de mât étant cassé !).


Nous sommes "seuls au monde" au mouillage ... mais nous aurons quand même la surprise de voir une barque venir à nous avec un polynésien dont le t-shirt annonce qu'il est surveillant de l'atoll de Tahanea !
Le temps file et nous décidons de rejoindre Fakarava, à 50 Nq au Nord Ouest. La passe sud de Fakarava est plus étroite et il faut la passer au bon moment : à l'étale ! Pour arriver à 6h30 devant la passe, nous devons partir le soir ... donc faire ce qu'il ne faut pas faire : sortir par une passe de nuit, pendant la marée descendante. Bon, la passe de Tahanea est large, nous l'avons vue de jour, le vent est faible donc la mer calme (sinon de grosses vagues peuvent se former quand le courant descendant se heurte à la houle en sortant) ... Nous passons devant Inifinity : évidemment, la lune n'est pas levée ... nuit noire.
On ne voit rien : tout repose sur notre cartographie et notre position GPS (vérifiée à l'entrée, pas de décalage à signaler). Lotus est bien au milieu de la passe : le courant est sortant et on accélère ... On pense être sorti quand on se prend une grosse vague (forcément, on ne l'a pas vue arriver !) qui balaye le pont et nous trempe au siège de barre ! Une deuxième plus petite et voilà, la passe est derrière nous.

On s'en est sorti, comme des chefs ... enfin presque : mauvaise préparation de notre part, le hublot de pont au-dessus du four était ouvert (et accessoirement, celui au-dessus de notre lit entrouvert !). La coursive bâbord est inondée ! Il faut tout sortir, essorer, nettoyer, lessiver ... on pare au plus pressé et on finira le lendemain matin, à l'abri du lagon de Fakarava, avec 2 lessives et un nettoyage complet des cales.
Infinity s'est aussi fait surprendre par une vague qui l'a mis de travers, ... que d'émotions !!

A Fakarava, nous ne sommes plus tous seuls mais c'est chouette aussi : le rendez-vous est pris pour une plongée (Sophie et Infinity), nous ferons une dérivante en annexe dans la passe de Tumakohua qu'on aperçoit au loin sur la photo du drône.
 A part des clubs de plongée et des snacks, il n'y a pas grand chose. Nous irons voir à Hirifa, un motu à 6 Nq où la plage est belle paraît-il. Effectivement, c'est beau !! Et le petit resto sur la plage organise un repas cochon grillé un soir pour 2500 FCP par personne : c'est excellent avec une très bonne ambiance (il fallait mini 20 personnes et c'est un beau regroupement de navigateurs !). Le lendemain matin, à 4h du matin, ils sont une quinzaine à se retrouver au resto pour assister au match de foot de la France contre ?? euh je n'y étais pas et franchement, aucun intérêt. La France a gagné, puis la Belgique et les footeux ont eu leur dose de sport.


Sur la photo ci-dessus, vous voyez la plage d'Hirifa. Sur le trajet retour vers la passe sud, nous nous arrêterons quelques heures devant le motu Kokakoka (qu'on aperçoit au loin). Allez, voilà une photo de près aussi :

 Ici on voit Sophie sur la langue de sable ...
Et là, c'est Julien, qui vraiment est malheureux, vous ne trouvez pas ?

Retour à la passe sud (Tumakohua) pour un autre resto : une pizza chez l'habitant que nous partagerons avec Infinity et l'équipage d'Alaia (un lagoon 380, rencontré au mouillage précédent). La pizza est excellente et on passe une bonne soirée mais l'habitant est inexistant : nous ne le verrons que le temps qu'il nous apporte les pizzas, puis pour encaisser en fin de soirée ... Préférez plutôt le resto d'Hirifa où la famille sur place vous accueille chaleureusement.

Nos équipiers ayant pris leur billet d'avion retour début août, nous décidons de continuer notre découverte des Tuamotus vers Rangiroa. Il faut d'abord traverser le lagon de Fakarava (30 Nq en suivant le chenal central), ce que nous faisons tranquillement à la voile avant de mouiller devant Rotoava (LE village de Fakarava). Retour à la "civilisation" : il  y a 2 épiceries, un yacht service (où nous trouverons une connexion et des oeufs ! Eh oui, c'est une denrée rare ici et il n'y en a plus qu'ici !!) ...

Nous pensions repartir assez vite mais la météo en décide autrement : pas de vent ! Nous attendrons donc et ça tombe bien puisque nous voyons arriver Fakarever (ils ont accompagné 6Gone qui continue sur Tahiti). Sophie et Cyril en profiteront pour louer des vélos pour rouler le long de LA route (qui fait quand même 40 km de long). Finalement, nous les retrouverons à midi dans un snack les pieds dans l'eau ... photos au prochain article !



jeudi 21 juin 2018

Les Marquises

Internet est un problème aux Marquises : le débit est très limité ... mettre à jour le blog reste une gageure ... quant à mettre des photos ... espérons qu'à Tahiti, j'arriverai à faire une mise à jour correcte !

 
Nous avons commencé notre découverte des Marquises par Fatu Hiva, l'île la plus Sud Est (plus facile ensuite de rejoindre les autres îles avec le vent). Le mouillage dans la baie des Vierges vaut le détour et la photo ! Le village d'Hanavave ne se découvre qu'au dernier moment.
Cette île restera certainement notre préférée : y débarquer après 24 jours de mer était déjà un plaisir mais c'est l'accueil des habitants qui nous restera en mémoire. Ils ont le sourire et le coeur sur la main. En une ballade, nous avons fait la connaissance d'Iris, qui nous a donné des pamplemousses et de Reva chez qui nous avons mangé le soir même avec l'équipage d'un autre bateau, profitant de sa connexion internet pour donner quelques nouvelles. Ici, la tradition est de troquer : vieux bouts, tongs, lunettes de soleil, sacs étanches, maquillage (là ils sont mal tombés avec nous) ...
Les paysages sont spectaculaires ici. Pendant que papa, Violette, Lilas et moi allions jusqu'à la cascade du fond de la vallée, Cyril, Sophie et Julien, sont montés sur la crète (on aperçoit le bateau en bas dans la baie). Cette première randonnée nous laissera tous sur les rotules !!

Le lendemain, nous laissons Cyril et Sophie faire la randonnée reliant la baie des Vierges (Hanavave) à la baie d'Omoa (17 km !) et partons les attendre avec Lotus (30 minutes de navigation). Le mouillage est désert (à part les petits bateaux locaux) : il est aussi beaucoup plus rouleur ! Heureusement, comme à Hanavave, une petite digue dans un renfoncement permet le débarquement en toute sécurité.
Nous voilà partis pour un petit tour dans le village où nous savons qu'il y a une boulangerie !! La première habitante que nous croisons habite près de l'église. Elle nous donnnera des ramboutans pour les louloutes : cela ressemble au litchi avec une coque "à poil". C'est sucré et très bon mais il n'y a pas grand chose à manger autour d'un gros noyau.
Comme à Hanavave, le village est propre, bien entretenu, fleuri ... L'église est charmante et on sent qu'elle est fréquentée ! Chaque maison a son lot d'arbres fruitiers : pamplemousses, goyaves, bananes, mangues ... miam !!!
La boulangerie ... est fermée : le boulanger fait le pain 3 fois par semaine et on arrive trop tard ! Qu'importe, nous marchons tranquillement le long de la route et croisons Pascal, qui nous propose des pamplemousses. Nous passerons chez lui sur le chemin du retour et ferons la connaissance de ses frères (Gildas, surnommé Cheetah ... et je n'ai pas retenu le prénom des autres). Nous voilà installés sur des chaises à l'ombre avec un verre et ... ce n'est que 3h plus tard, après avoir mangé (fruit de l'arbre à pain, cochon et poulet grillés ...) que nous repartirons, les bras chargés des fruits qu'ils nous ont gentiment donnés : pamplemousses, bananes, papayes, mangues, pommes de cythère ...
Sophie et Cyril auront l'occasion de faire leur connaissance aussi en y retournant avec Julien, avec une bouteille de rhum pour les remercier de leur accueil.
Ce n'est qu'en fin d'après-midi, que nous repartirons nous mettre au mouillage à la baie des Vierges pour une nuit tranquille.
Dimanche 10 juin, après un dernier petit tour au village (un petit passage chez Reva et Poï, puis chez Iris), nous partons (chargés de pamplemousses !) vers Tahuata, à environ 40 Nq où 6Gone devrait être au mouillage.
La navigation commence bien, avec juste ce qu'il faut de vent pour avancer à 6/7 kt ... puis le vent tombe ... A 1,5 kt, il faut se résoudre à allumer les moteurs pour ne pas arriver de nuit ! Nous abordons l'île par le sud. Le premier mouillage, la baie Hapatoni, est bien protégé mais pas de 6Gone ... on continue vers la baie Vaitahu où se trouve le village principal : toujours rien. Zut, on pensait les trouver là ... le soleil tombe vite ... Allez, on va jeter un oeil à la dernière baie au Nord Ouest : la baie Hana Moe Noe. Les filles guettent devant ... à première vue, la baie est déserte ... mais non : dans le renfoncement, les bateaux apparaissent peu à peu : il y a en fait une vingtaine de bateaux dont 6Gone, Fakarever et Infinity !! On est ravi d'avoir continué jusqu'ici !

La baie est magnifique avec une belle plage de sable blanc (pas si courant aux Marquises !!). Nous arrivons au bon moment pour nous joindre à eux pour un apéro barbecue sur la plage !
C'est l'occasion de savoir comment s'est passée la transpacifique, de rencontrer d'autres équipages, de comparer nos galères à ceux des autres. La palme revient à 6Gone qui a réussi à perdre une hélice pendant la transpacifique (sans se servir du moteur !).
Le lendemain nous profiterons de la plage avant de partir mardi matin pour Hiva Oa, à 1h30 de là.
Nous mouillons dans la baie d'Atuona pour faire la corvée poubelles et les formalités au village, à 40 minutes de marche (et sous le soleil, c'est long !). Le village est petit mais il y a tout :
- la poste où nous retirons enfin des francs Pacifiques (8 euros = environ 1000 FCP) et achetons une carte téléphone. Les communications ici sont chères, l'internet aussi ... mais ça dépannera ! Nous voilà avec un numéro de portable local.
- une petite supérette, une épicerie, une quincaillerie, une pharmacie, la mairie, l'église, quelques restaurants ..
- la gendarmerie, où nous ferons les formalités d'entrée
- le cimetière (en haut de la colline ! Ça grimpe dur et il fait chaud) où reposent Gauguin et Brel.
- un petit centre artisanal où l'on peut acheter des sculptures en bois, des bijoux sculptés dans les os ... C'est beau !
- nous mangerons au Maké Maké, petit snack où il y a un peu de wi-fi mais pas assez pour envoyer le dernier module du CNED !


- le musée Gauguin et l'espace Jacques Brel où est exposé son avion. C'est l'occasion de redécouvrir la vie de Jacques Brel dans ce musée qui lui rend un bel hommage, témoignage de remerciement pour son implication dans la vie des Marquises. Papa laissera un mot sur le livre d'or.
Le trajet du retour est plus agréable car moins chaud mais nous en avons pleins les bottes en arrivant au bateau. Nous resterons au mouillage pour cette nuit car papa a pris son billet d'avion pour demain : pour gagner du temps, il rejoint Tahiti en avion, fera une visite à Gilbert et Mimi à Moorea avant de rentrer en France.
La soirée est tranquille (c'est mieux qu'en journée où les travaux sur la digue sont assourdissants !) et grâce à la connexion wi-fi de la station service, me voilà débarrassée du CNED ! Le dernier module est envoyé (même si après le module 7, nous avions déjà reçu le papier comme quoi Violette passait en CE2) ... VIVES LES VACANCES !!

Mercredi 13 juin : nous repartons dans la baie d'Hana Moe Noe sur Tahuata après le départ de papa. Nous y retrouvons 6Gone et Fakarever pour une belle après-midi plage. 6Gone part le soir même pour Nuku Hiva ... nous resterons une journée de plus (le temps d'aller faire un tour en annexe au village d'à côté) et de profiter de cette jolie plage.
Jeudi 14 juin : départ de nuit vers 19h avec une bonne trentaine de noeuds dans le canal entre Tahuata et Hiva Oa. Notre sondeur nous fera des frayeurs : par nuit noire, on le voit passer de rien (au delà de 100 m de profondeur, il ne nous donne plus d'indications) à 17m, 12m, 9m, 6m ???? Mais il n'y a rien sur la carte !! Le bateau file à 9 kt : s'il y a une caille, on ne peut pas freiner à temps ! Enfin quand on ne voit rien, on a des doutes ... Mais non, aucun caillou n'a poussé, c'est juste le sondeur qui fait des siennes !

Au petit matin (humide : la pluie est au rendez-vous !) quelques dauphins viendront jouer entre les étraves. Nuku Hiva est en vue et nous mouillerons vers 9h, dans la baie d'Anaho où nous retrouvons 6Gone et Infinity.
Nous nous joignons à eux pour une petite rando (3 km annoncé, facile !) pour aller jusqu'au village de la baie voisine (baie Atiheu). La ballade aurait pu être sympa mais c'est sans compter sur la météo : la pluie rend le chemin boueux et on patine allègrement dans la boue qui nous ajoute des bonnes semelles bien lourdes ! Tout le monde arrive un peu crotté mais sans encombre au village. La plage de sable noir est magnifique, même sous la pluie ! Après un gros grain, nous mangeons chez une habitante avant de repartir. Certains préfèreront l'option barque de pêcheurs. Julien, Cyril, Sophie, Lilas (dans le porte bébé) et moi repartirons à pied. Le temps sera avec nous et le retour sera plus plaisant qu'à l'aller.
Le lendemain, je reste sur la plage avec les louloutes pendant que les autres partent en expédition pour trouver un maraîcher à l'Est de la baie. Ils reviendront chargés de melons, tomates, aubergines ... Le soir, c'est apéro plage : très chouette mais les nonos seront aussi au rendez-vous !
Dimanche 17 juin, nous suivons 6Gone et Infinity vers la baie du Contrôleur au Sud Est de l'île et mouillons en face du village. Un petit tour à terre nous permettra de relever les mails à la poste. L'apéro du soir est l'occasion de prévoir l'activité du lendemain : randonnée pour aller voir une cascade !
Nous partirons bons derniers et ne rattraperons jamais le groupe 6Gone / Infinity : il y avait 2 cascades et nous n'avons pas pris la même ! Nous sommes partis vers la droite, en demandant régulièrement notre chemin aux habitants croisés . Les réponses sont vagues et différentes ... enfin après déjà 2h de marche, on quitte la route pour un sentier qui serpente, monte, descend, remonte, tourne ... et on aperçoit la cascade !! Mais le chemin monte, tourne, continue à monter ... ? Mais zut, nous on veut la voir du bas la cascade !! A 3h30 de marche, toujours en montée sur un chemin qui ne fait pas mine de redescendre, Julien, Violette, Lilas et moi jetons l'éponge : demi-tour !! Sophie et Cyril continueront et après encore 1h de marche arriveront à une toute petite cascade, en hauteur !! Tout le long de la rando, nous nous sommes fait copieusement dévorés par les moustiques et les nonos ... tout ça pour ça !!
Le retour jusqu'à la route se fait sans traîner (forcément, les moustiques nous incitent à rester en mouvement !!) et nous avons la chance de nous faire prendre en stop presque aussitôt !! Au village, un petit détour par l'épicerie (pour une glace de consolation) nous permet de faire connaissance de Simon (en attendant que l'averse s'arrête) qui nous offre gentiment un régime entier de bananes (qui fera la joie des 3 bateaux).
Chacun racontera sa rando autour d'un apéro sur Infinity.
Changement de mouillage le mardi pour aller dans la baie de Taiohae, "capitale" des Marquises : beaucoup de bateaux au mouillage, 3 épiceries, un tout petit peu de Wi-fi. Après une petite ballade à terre, nous reviendrons à bord pour un apéritif sur 6Gone. Nous laisserons les enfants (6 d'entre eux) sur Lotus avec des playmobils et un dessin animé, pour plus de tranquillité. Une réussite !

Mercredi sera tranquille : petite ballade dans le village avec photos au pied de l'énorme Tiki qui surplombe la baie, rando pour Cyril et Sophie ... et le soir, une pizza est prévue avec d'autres équipages mais nous déclarerons forfait devant la météo déplorable.
Jeudi, Cyril sera debout à l'aube pour voir le match de foot : au début sur le bateau puis au petit marché sur le port. Pendant ce temps, nous essaierons désespérément de nous connecter à internet ... mais pas moyen ce matin !
Tant pis : petite rando vers l'anse Colette. Le chemin n'est pas facile à trouver et nous ferons demi-tour 2 fois avant de trouver le bon chemin (il faut laisser le parking du Resort sur la gauche, continuer tout droit puis sur la droite sur un chemin de terre/cailloux. Ça monte rude et il fait chaud et nous abandonnons l'idée de descendre dans l'anse Colette : on admire le point de vue puis on redescend pour rejoindre 6Gone à la pizzeria pour le repas du midi. Au retour, on réessaie internet ... ça va être long mais la mise à jour va passer ... j'y crois !!

A venir : Ua Pou, l'île voisine puis direction les Tuamotu (Rangiroa, Fakarava, Tikehau ... que des noms qui font rêver non ?) et enfin Tahiti où nous retrouverons la civilisation et une connexion internet qui gaze, j'espère !!



mardi 12 juin 2018

Transpacifique : 15 mai au 8 juin

Bonjour à tous, nous sommes bien arrivés ! La connnexion internet aux Marquises étant ce qu'elle est, je rajouterai les photos à ce récit de notre traversée plus tard (30 minutes que j'essaie !)

La transpacifique, c'est parti !!
Nous appareillons le mardi 15 mai à 14h10 ; il fait beau (après les trombes d'eau que l'on s'est pris ces derniers jours, on apprécie !), chaud et le vent est faible (5 à 8 kt) mais suffisant pour avancer un peu ... mais pas dans la bonne direction ! Nous partons sud-est mais peu à peu, nous réussissons à obliquer vers le 210.
A 15h10, ZZZZZZZZZZZZzzzz POISSON ! Julien bataille un peu mais cette fois, le poisson est bien accroché et nous remontons une superbe dorade coryphène ! MIAM !! Elle commence bien cette transpacifique !
Le reste de la journée passera tranquillement : la mer est calme avec le peu de vent que l'on a ! On avance à 4/5 kt (avec 2 kt de courant dans le dos !). Au goûter, nous dégustons la confiture de mangue "maison" : de l'avis unanime de l'équipage, une réussite !
Julien a changé les condensateurs du dessalinisateur ... et l'essai est concluant, rien n'a explosé ou cramé ! Tant mieux parce qu'avec la chaleur ambiante, on boit tous comme des trous !
Le soir arrive doucement et pendant le repas du soir, le vent tombe à 2 kt ... la vitesse du bateau : 0 kt ... mais heureusement, on a toujours 2 kt de courant dans le bon sens !! Enfin, on n'avance quand même pas bien vite et Julien se résoudra à allumer le moteur 30 min, jusqu'à ce que le vent remonte à 7/8 kt.
C'est donc dans le silence que tout le monde part se coucher et que Julien prend le premier quart (21 à 23h) ; puis ce sera Cyril (23h à 1h), papa (1 à 3h), Sophie (3 à 5h) et moi (5 à 7h).
Les paris sont lancés sur la durée de notre traversée :
Cyril 24 jours, Julien 25, papa 26, moi 27, Sophie 28 ! On en reparle à l'arrivée !

Mercredi 16 mai :
le vent a forci dès le matin (15/20 kt) et la mer est devenue un peu agitée : ça bouge ! La journée se passe sans encombre : les régimes de bananes mûrissent à toute vitesse et les mouvements du bateau font tomber les plus mûres. Même les régimes, pourtant bien verts, ramassés aux Perlas, jaunissent à vue d'oeil ! Papa s'est lancé dans les bananes séchées et Julien nous a fait des bananes flambées à midi. Le dernier ananas est découpé et mis au frais. Et côté mangues, elles continuent à pourrir ... d'où une autre corvée épluchage et un essai, moins sucré, de confiture.
Repas midi : poisson (dorade), riz et légumes
Repas soir : carottes râpées, salami, reste de poisson, riz, légumes.
Nous sommes au cap sud, jusqu'au 210 : le vent annoncé du sud vient de l'Ouest !! On avance mais pas encore dans le bon cap !
Lilas a fait 2 méga siestes, dont une allongée dans la coursive de notre cabine. Cyril est en forme et a fait le pain ; Sophie fait attention pour rester en forme ! Violette a fait un peu d'école ...
Côté pêche : 1 touche, un tout petit thon remonté et relâché, une ligne et son leurre perdus (pas de sonnette sur la canne), et le leurre de la ligne de traîne perdu aussi.

Jeudi 17 mai : pendant mon quart, un tout petit passager clandestin monte à bord ... et va jusqu'à rentrer dans le carré ! Il ne faudrait pas qu'il se répande partout, comme le gros oiseau qui est resté perché sur le bateau toute la journée d'hier et qui nous a crépi le siège du balcon avant ! Un deuxième passager essaye de monter à bord : un poisson volant que je prends dans la figure !
Le vent tourne enfin : Sud – Ouest ... on va bientôt pouvoir virer de bord pour avancer dans la bonne direction !
La pêche aurait pu être fantastique : une énorme daurade mord à la ligne ... le problème c'est qu'elle se révèlera trop "énorme" : malgré le frein, elle a dévidé tout le fil de la canne à pêche jusqu'au noeud qui a cédé !! Zut ! Une ligne et un leurre qui s'envolent !
Repas midi : hamburger, frites de bananes plantains.
Le soir : carottes râpées ... enfin on s'aperçoit qu'elles ont tournées et elles finiront à la mer. Cyril vérifie la boîte contenant la noix de coco qu'il a râpée 2 jours avant ... elle a fermenté aussi et ira nourrir les poissons aussi. Tous ces efforts pour rien !

Vendredi 18 mai,
La nuit a été compliquée : on n'a pas avancé beaucoup côté cap, car le vent s'obstine à venir de l'Ouest ! On tire des bords : au 190, au 350 ... disons qu'on a fait de la distance mais qu'on n'a pas beaucoup avancé !
La journée est à l'image de la nuit : on se fait chahuter par les éléments : il pleut pas mal ...
Lilas débute sa journée en me vomissant dessus ! Heureusement, je suis sous nautamine et je tiens le coup.
Nous verrons un bel aileron de requin aujourd'hui et côté pêche, un petit thon mordra à notre ligne de traîne. Miam !
Je refais du pain ; on épluche les mangues restantes pour éviter de les perdre. On va pouvoir en vendre de la confiture de mangues !!
Côté bananes, j'ai testé hier le crumble bananes/pommes : il n'a pas fait long feu et a été approuvé par tout le monde ! Donc rebelote aujourd'hui. Une bonne façon de ne pas perdre les bananes ! On les ferait bien sécher mais comme on ne voit pas le soleil ...
Repas midi : pâtes avec steaks hachés. Pour le dessert, c'est ananas ... zut, il a tourné aussi dans sa boîte dans le frigo ! Bon, il nous reste le crumble.
Repas soir : Cyril fait des frites de bananes plantains au four, accompagnées du petit thon pêché avant-hier.

Samedi 19 mai : après une nuit pluvieuse et agitée, la journée ne s'annonce guère mieux. Le cockpit est trempé, l'intérieur du bateau humide. La mer est agitée et se verser un café sans tout renverser devient un véritable exploit !
Il serait temps que le soleil revienne parce que là, ce n'est pas très agréable, même si notre cap est maintenant bon : on file vers l'ouest avec un vent de Sud, Sud-Ouest. Il aura mis du temps à tourner dans le bon sens !

Mardi 22 mai : déjà une semaine que l'on navigue ... et la météo n'est clairement pas avec nous ! Averses nombreuses, vent soutenu, grosse mer ... La première semaine n'a pas été de tout repos. Toutes les bananes ont muri en même temps : crumble, gâteau, frites, gratins ... la banane est de tous les repas et on est presque en overdose.
Faute de soleil, les quelques bananes que papa avait préparées pour les conserver en bananes séchées ... ont eu du mal à sécher ! Elles hésitent entre sécher et moisir ...
Lotus avance bravement dans les vagues mais ça claque, ça tape et ... ça fuit !! Quelques capots ont des faiblesses et les vagues qui balaient parfois le pont n'aident pas !
Les quarts se passent bien dans l'ensemble : les 2h passent vite. Pas un bateau à l'horizon ! Côté pêche, aucune autre prise ... mais il reste du poisson dans le congélateur.
Après avoir tiré des bords au début, nous faisons enfin route vers l'Ouest et à l'heure actuelle, nous sommes travers les Galapagos, avec une météo toujours aussi humide !
Vivement le soleil !!
Julien profite d'une accalmie du vent (il pleut toujours) pour faire un peu école à Violette ; Lilas joue sagement dans le cockpit ; papa, Cyril et Sophie font la sieste. Et moi, je tiens le coup grâce à la nautamine et ma liseuse !

Jeudi 24 mai,
ce matin, au point fait à 8h30, nous avons fait 207 milles nautiques en 24h. Restent 2700 Nq avant les Marquises ... Ça avance bien et hier était une de nos premières journées sans pluie ! Le bateau est entouré d'une dizaine d'oiseaux qui pêchent les poissons volants dérangés par notre passage. Un beau spectacle, que l'on paye : les voiles et Lotus sont mouchetés par les chiures d'oiseaux !
Le vent est orienté plein travers pour 20 kt ... Lotus avance bien mais ça tape aussi assez fort de temps en temps surtout sous les cabines avants. Je profite de la météo clémente pour dormir sur le bain de soleil du cockpit.
Les jours rallongent ... le soleil se lève plus tard pendant mon quart. C'est interminable ...
Nous avons croisé un banc de dauphins tout à l'heure mais ils étaient en chasse et ne se sont pas arrêtés pour jouer avec nos 2 coques. Dommage !
Côté pêche : grosse journée ! Un joli thon mord à la ligne de traîne et peu après, une petite dorade ! Plus de place dans le congélateur, on remonte les lignes ! Le soir, ce sera dégustation de poisson cru avec comparaison thon et dorade.

Vendredi 25 mai
Lever du soleil à 7h25 ... on va devoir changer d'heure bientôt.
Au point du matin, nous avons fait 216 Nq !! notre record !
La journée est ensoleillée avec un vent entre 10 et 15 kt ce qui nous permet d'avancer tranquillement toute la journée. La mer se calme un peu, l'équipage respire ...
Pour l'instant, le dessalinisateur semble marcher correctement ... demain, nous allons peut-être "gaspiller" notre précieuse eau pour faire une lessive.
En fin d'après-midi, une routine s'installe : goûter, confection du pain, d'un gâteau chocolat bananes (avec les dernières bananes !), puis sport ! Gainage, abdos, squats pour les filles, pompes en plus pour les garçons.
Même Violette a un peu avancé son école aujourd'hui !

Samedi 26 mai est une journée sympa encore mais un fort courant (2kt) à contre nous mine notre moyenne : 192 Nq et ce n'est pas mieux au point du dimanche matin : 142 Nq (moins de vent et toujours ce satané courant !). Nous décidons de prendre un peu plus sud pour sortir au plus vite de ce courant.

A noter que samedi soir, nous avons "croisé" un voilier ! Enfin il s'avèrera que nous l'avons en fait doublé ! Il nous a contacté par VHF et a été tout content de "tomber" sur des français. Le voilier, un monocoque Endurance ketch appelé TARA, était parti de Panama 27 jours auparavant (pour info, nous ça fait seulement 12 jours !). Il aurait aimé faire escale aux Galapagos mais le vent ne lui a pas permis de les rallier. D'un coup, on se sent vraiment confort sur notre bateau : Etienne (l'équipier qui nous a contacté) nous a dit qu'ils étaient en restriction de gaz (10 min par jour) pour être sûr d'en avoir jusqu'au bout, et qu'ils n'avaient pas pêché un poisson en 27 jours ...
Je crois qu'après cette rencontre, chacun à bord a réalisé sa chance et mieux mesuré le confort de Lotus dans cette traversée du Pacifique !
Dimanche, les louloutes m'ont offert une jolie carte pour la fête des mères (Julien y a pensé cette année !).

Lundi 28 mai, à 6h du matin, Lotus a passé la ligne !
Vers 9h, les néophytes à bord ont reçu un message de Neptune, dieu des Océans, qui exigeait que son courroux, dû à leur passage de la ligne sans permission, soit apaisé par un petit spectacle. Rendez-vous pris à 11h pour un discours de Julien, une chanson de Violette et Lilas, et une chanson de Sophie et Cyril. Finalement, après une purification extérieure et intérieure, les nouveaux chevaliers des mers ont eu le droit de continuer leur périple vers les Marquises, avec la bénédiction de Neptune.

Côté navigation, on avance mais toujours avec un bon courant dans le nez !
Mardi sera mieux côté courant et côté pêche, 2 grosses daurades se jetteront en même temps sur nos lignes ! Julien remontera la ligne de traîne et Sophie la canne à pêche ! Miam !!

Mercredi 30 mai, le vent tourne E -SE ... nous envoyons le spi. La mer vient plus de l'arrière, ça bouge un peu moins ...
La semaine s'écoule tranquillement avec une nuit difficile (pluvieuse et ventée) mais tout le reste du temps, une météo plutôt clémente. 180 Nq, 196 Nq ... le courant nous freine et Lotus peine à passer les 200 Nq en 24h.
La pêche est bonne : 2 daurades se jetteront encore ensemble sur nos 2 lignes ! On se régale !
Samedi 2 juin, vers 13h, nous passons sous les 1000 Nq restants à parcourir ! Si on arrive à faire 200 Nq par jour, cela signifie une arrivée dans 5 jours !!
La 3ème semaine se passe bien et on commence à compter les nautiques et à estimer notre date d'arrivée !
Jeudi 7 juin ? On y aura cru ... mais un jour avant l'arrivée, le vent nous lâche : on se traîne misérablement à 4/5 kt ... Bon, nous n'arriverons pas de jour à Fatu Hiva ... et arriver de nuit dans un mouillage inconnu n'est pas rassurant !
Le vent reprend enfin vers midi, le jeudi ... restent 90 Nq à parcourir encore !
Côté pêche, un poisson a encore emmené toute la bobine de fil et l'hameçon de la canne à pêche ... Poisson inconnu puisque personne ne s'est rendu compte de rien ! Qu'à cela ne tienne, Julien équipe notre deuxième ligne de traîne d'un poulpe avec un hameçon trident. A priori, c'est ce qui marche le mieux et nous attraperons avec cette nouvelle ligne un petit thon.

Dans l'après-midi, à la recherche d'un arc-en-ciel (un petit grain nous effleure), j'aperçois la terre !! On devine Fatu Hiva, encore à 50 Nq de nous ! C'est chouette mais le soleil descend déjà et nous n'allons pas assez vite pour arriver de jour ... Bon, encore une nuit en mer : Julien met 3 ris à la grand-voile et on ralentit pour arriver au petit matin.
Les derniers quarts coulent doucement. Quand je prends le mien, on est à 2,5 kt ... on voit les lumières du village (on découvrira plus tard que ce sont les feux de mouillage des bateaux, le village étant très encaissé et peu éclairé la nuit !) ... Quand enfin le ciel s'éclaircit, nous sommes à 3 Nq du mouillage, à 0,5 kt ... plus de vent, plus de mer, c'est calme !!
Le paysage est magnifique, tout l'équipage est sur le pont ... la météo un peu humide : peu importe, ça y est, on est arrivé !!

Bilan de la transpacifique :
- 23 jours et 16 h
- 18 poissons
- un surf à 17,5 kt
- une boîte de nautamine (juste pour moi !)
- 3820 Nq en ligne droite ... on en a fait beaucoup plus, surtout la première semaine où l'on a carrément zizgzagué contre le vent !
La baie des Vierges (Hanavavé à Fatu Hiva)
Et maintenant, parole aux autres membres d'équipages :

Cyril:

Chevalier je suis devenu
Car Neptune nous est venu

Lors du passage de l'Equateur
A Lotus de très bonne heure.

Quelle belle Transpacifique
sur l'océan et sa douce musique

Lune et belles nuits étoilées
Dans mes rêves m'ont accompagné.

Gastronomie et sport
ont apporté du réconfort

Dans les moments difficiles,
des plaisirs, oui bien (f)utiles!

Terre, Terre nous voilà,
Là-bas, au loin, j'aperçois

Le Graal, la promise,
En 24 jours, comme de mise.


Sophie :

On me l'avait bien vendu cette Transpacifique et ce n'était pas un mensonge ! Des conditions en mer exceptionnelles, des apéros, des poissons, des siestes, des repas préparés avec amour par Julien, et même des séances de sport avec Elodie, du coloriage avec Violette et Lilas et des partages de vaisselles avec Jean, ont fait de ces 24 jours une expérience particulière mais surtout inoubliable. Je n'oublierai pas non plus, mon équipier Cyril, pour son prêt de tablette indispensable pour les quarts de nuit !
Un régal...
Maintenant le voyage continue d'île en île pour notre plus grand plaisir !!

JF : 2e Transpac pour moi : beaucoup plus rapide, confortable, silencieuse, un bon bateau ce Lotus !
L'option cap direct Panama-Marquises s'est avérée la bonne pour nous, malgré les zig-zags du début et le courant contraire pour le reste. L'équipage est arrivé reposé et en pleine forme, en ayant mené Lotus au mieux de ses possibilités, tout en le ménageant. La voilure a toujours été adaptée aux conditions rencontrées, sans économiser les manœuvres de jour comme de nuit. Une belle navigation.
Les poissons toujours au rendez-vous pour améliorer le ravitaillement. Julien et Cyril ont assuré à la cuisine, épaulés par Sophie aux tomates et crudités et par Elodie aux gâteaux. Je me suis régalé !
L'arrivée somptueuse dans la baie des Vierges  et l'accueil des habitants de Fatu Hiva font penser au paradis terrestre. Nous resterions bien là !
"Veux-tu que je te dise : Gémir n'est pas de mise aux Marquises."