vendredi 15 février 2019

Encore les Gambiers parce que c'est beau !


Le 30 janvier, nous revenons à Rikitea, ravitaillement oblige. Le soir, c'est corvée internet pour moi : presque 2h pour envoyer les fichiers du

                                                           

CNED, puis 30 minutes pour mettre le blog à jour (et j'avais la connexion pour moi toute seule, ce qui était étonnant vu le nombre de bateaux au mouillage, tous revenus pour l'arrivée du cargo de ravitaillement).

Le 31, le cargo est à quai et c'est la valse du déchargement ; les épiceries n'ouvriront que demain. Nous en profitons pour faire une petite rando avec l'équipage de 6Gone au complet (nous avons préféré laisser Violette et Lilas à bord devant leur enthousiasme délirant à l'idée de marcher 2h30). Cette fois nous avons pris le chemin traversier de Taku et nous sommes revenus par le chemin traversier Kirimiro. Dans ce sens là, la montée est interminable mais ça fait du bien aux jambes !

Le lendemain matin, nous avons suivi le mouvement général : à 6h30 nous étions devant une des épiceries car les fruits et légumes partent vite ! 
A nous les pommes de terre, choux verts, pommes, oignons, oranges, tomates et carottes ! Je ne vous parle pas des prix pratiqués (de toute façon avec le franc tahitien, tout paraît déjà cher puisque 1000 FCP = 8 euros) mais bon, on est au bout du monde alors on est déjà content de pouvoir se ravitailler.

Pour le pain, c'est raté : le boulanger de l'île finit de le cuire à 4h du matin le pain. La première fois, on nous a dit de venir à 7h ... et il n'y en avait plus. Eh bien, après vérification, à 5h30, il n'y en a plus non plus !! Tant pis, je vais me le faire moi-même mon pain !

Le 1er février, tous les bateaux du mouillage appareillent les uns après les autres. Julien décide de suivre le mouvement pour avoir de la place sur le mouillage suivant : Taravai, devant la propriété d'habitants qui ont instauré une "tradition" sympa : un barbecue sur leur terrain où tous les navigateurs de passage sont conviés : chacun amène à manger et on passe un bon moment ensemble. Tant pis pour ma randonnée du mont le plus haut de Mangareva, ce sera pour une autre fois.



Le mouillage est profond : 15 à 20 m ... on ne voit pas le fond ... Pas d'eau cristalline cette fois mais la gentillesse et l'accueil de Valérie et Hervé compensent.

Sur l'île de Taravai, peu d'habitants : devant notre mouillage, on aperçoit l'église Saint-Gabriel, encore debout mais les effets du temps se font sentir. Il y a 2 propriétés habitées de ce côté : Valérie et Hervé qui accueillent gentiment les navigateurs de passage, et leur voisin, tout aussi gentil, qui nous permettra de cueillir citrons, fruits de la passion et pamplemousses dans son jardin.


Nous passerons par chez lui en partant pour la randonnée qui rejoint le 2ème mouillage (où se sont retrouvés tous les autres bateaux ! Finalement, de notre côté, nous ne sommes que 2 avec Fakarêver).

Le chemin est à peine tracé par endroits, toujours étroit, barré par des arbres parfois ... c'est sportif ! Hervé qui marche devant pousse soudain des cris : il vient de se faire piquer par des guêpes ! Ah ? Oui, on aperçoit un petit nid sur le chemin évidemment ! Alors comment passer sans encombre ? Je teste le passage "doux" sans mouvement brusque (avec Lilas sur le dos) : aïe, c'est l'échec : je me fais piquer ! Les suivants passeront en courant, tactique gagnante !


A l'arrivée, nous découvrons une jolie baie et rencontrons le couple qui vit ici, qui cultive des légumes. Le ravitaillement en tomates, concombres sera fait ici avant le départ vers les Tuamotu et chez Valérie et Hervé pour les avocats, les citrons et les pamplemousses.

Après une pause, où nous discutons avec les autres navigateurs mouillés de ce côté, nous repartons sans traîner car les moustiques ont faim !! En repassant devant les guêpes, ce sera au tour d'Héloïse de se faire piquer ! Nous ne sommes pas mécontents de retrouver notre mouillage tranquille.



Dimanche matin, pâtisserie à bord : Julien fait une tarte au citron meringuée, moi un gâteau à la banane et des petits gâteaux au chocolat. Côté pique-nique, on s'est concentré sur les gâteaux sur Lotus. Après une baignade apéritive, tout le monde débarque chez Valérie et Hervé. Certains bateaux ont rejoint notre mouillage, d'autres sont venus en annexes. Ça en fait du monde ! Après décompte, il y a 18 enfants et un peu moins d'adultes mais à peine. Et la table est pleine de victuailles : saucisses au barbecue, poulet, poisson, taboulé, gratin de pommes de terre, houmous, mélange de céréales ... tout le monde se régale en discutant.


Au dessert, la tarte au citron de Julien est victime de son succès et disparaît rapidement. Heureusement, il y a des gâteaux au chocolat, à la banane, du baba au rhum ... C'est bon, n'en jetez plus !!


Il nous faudra digérer un peu au soleil (j'en profite pour faire quelques photos de drône) avant de faire une petite partie de volley.

Une journée mémorable grâce à la gentillesse de nos hôtes qui nous souhaitent gentiment "bon débarras" quand on quitte la plage en annexe, dans les derniers !




Le lendemain, direction le village de Rikitea pour un stop avec Fakarêver : l'objectif est de trouver une ferme perlière pour ramener une perle des Gambiers en souvenir. Facile me direz-vous ? Effectivement : il y a des fermes perlières partout ici ! Les filles partent en expédition perles : Dominique, Cathy et moi partons à l'assaut de la route (et ça grimpe !!)

Nous avons 2 adresses mais le premier est en vacances et la responsable ouvre de grands yeux : non, pas de vente aux particuliers ici. Notre deuxième adresse est mauvaise : nous ne sommes pas du bon côté de l'île !! En désespoir de cause, nous essayons un voisin ... et nous sommes gentiment accueillis par un couple qui a, comme beaucoup ici, monté une ferme perlière à Mangaréva. Nous tombons avant la récolte mais ils ont quelques perles à nous montrer et je trouve mon bonheur avec des jolis keishis colorés, à prix raisonnables.


L'opération perle est un succès et nous sommes invitées à revenir le lendemain pour aller faire un tour sur la ferme perlière. Une visite très complète : notre hôte a gentiment répondu à toutes nos questions et nous avons pu extraire nous mêmes quelques perles. A la première récolte de l'huître, environ 40 % des huîtres seulement seront greffées une deuxième fois : celles qui ont donné des jolies perles plutôt rondes. A la deuxième récolte, environ 95% des huîtres donneront une belle perle ronde. Sur 10 huîtres prises au hasard devant nous, nous trouverons 10 perles (aucun rejet) avec une jolie forme ronde. Attention, elles ne sont pas toutes sans imperfection.

Aujourd'hui, c'est la récolte de la surgreffe (deuxième greffe de l'huître) et il n'y aura pas de 3ème greffe car peu rentable (la qualité est moindre : il vaut mieux tourner ses efforts vers les jeunes huîtres).

Les huîtres sont donc ouvertes entièrement, la perle récupérée, le korori (le pied de l'huître qui se mange) mis de côté, et la nacre sera revendue aussi. Pas de perte ici ! D'ailleurs le reste de la bête peut être utilisé comme appât ou tout simplement jeté à la mer pour récompenser les poissons qui sont ici de bons travailleurs : la ferme perlière a une "station de lavage" jute devant. Ils accrochent pendant une nuit les huîtres, qu'ils veulent ouvrir, à faible profondeur et les poissons mangent les algues, nettoyant les coquilles des huîtres efficacement et sans traumatisme pour l'huître (contrairement au karcher, couramment utilisé !).


 

Après cette escale "perle", nous repartons avec Fakarêver vers le motu de l'aéroport, au sud cette fois, où nous retrouvons 6Gone, Zingaya, Bulle ... cela commence à faire du monde ! Et ça tombe bien : nous fêtons l'anniversaire de Violette à bord !! Encore que, ça fait beaucoup de monde ... allez rendez-vous sur la plage pour un barbecue plutôt ! Il y a une bicoque vide avec un emplacement pour faire un barbecue, un vieux trampoline, une corde ... les enfants sont ravis !


Il faudra tirer Violette de l'eau pour lui faire souffler sa bougie ! Elle sera gâtée par tous les bateaux : 9 ans aux Gambiers, c'est quand même chouette !!

Après un après-midi snorkeling dans la passe toute proche, la soirée s'organise : les filles sur Bulle, les adultes sur Lotus, les garçons sur un autre bateau ... Nous finirons par un time's up à 10. La bataille sera rude : sur les 3 manches, 2 seront ex-aequo ! Mais les femmes remporteront la victoire !!






Les deux jours suivants seront pluvieux et gris. Le vent tourne, le lagon s'agite ... certains changent de mouillage. Fakarêver et nous restons sur place : on préfère avoir une bonne visibilité pour changer de mouillage.

Quand le temps s'améliore, nous retournons vers le nord du motu de l'aéroport, où le snorkeling était vraiment joli.

Nous y retrouvons Appel d'air et Zymovia. Ce jour là, j'essaie une nouvelle façon de faire le pain : les jolies baguettes qui sortaient du four sur Bulle m'ont incité à demander à la boulangère du bord. La recette est assez simple, mais avec du pétrissage, 2 levées de 20 minutes chacune et une cuisson en 2 températures. Le résultat est joli : de belles baguettes, un peu denses mais bonnes ! Je note la recette en fin d'article (sachant que notre principal atout pour obtenir du bon pain, c'est d'avoir un four électrique !).



Un défaut majeur à ce mouillage, comme beaucoup de mouillage aux Gambiers : il y a des mouches ... beaucoup de mouches !! Les tapettes à mouches n'y suffisent pas : on en tue une centaine et on est toujours envahi !! Elles ne disparaissent qu'au soir, pour revenir nous harceler au matin. La seule solution : se baigner en leur abandonnant le bateau !




Côté discussions entre bateaux, c'est la météo qui préoccupe tous les équipages : une série de dépressions va toucher les Gambiers. Comme beaucoup, nous comptions repartir sous peu vers les Tuamotu ... la météo n'est pas de cet avis, on dirait ! Il faut plutôt choisir un bon mouillage pour laisser passer le mauvais temps à venir !

En attendant, on profite de notre joli mouillage : snorkeling, bouée tractée (il y a beaucoup d'enfants sur la bouée de Zymovia !!) et pour finir, petit apéro sur la plage en admirant le coucher de soleil derrière nos beaux bateaux !

Le 13 février sera une journée comme on les aime : du soleil, pas de vent, pas de mouches non plus ! Après le CNED et d'ailleurs pendant le CNED aussi, c'est baignade et rebaignade. Et le soir, un petit barbecue s'improvise sur le motu avec les équipages de tous les bateaux (Hokey Pokey, Zymovia, Fakarêver, Appel d'air). La vie est belle.





Le 14 février, nous partons avec Appel d'air vers un motu encore plus nord. Nous entrons dans la zone "non hydrographiée", parsemée de patates de corail et effectivement, le mouillage est plus compliqué : nous posons l'ancre au milieu des patates ... Joli mouillage !


Demain, nous partons vers le village (enfin je devrais dire "la capitale" !) : côté météo, ça va se gâter et c'est le mouillage où il faut être. D'ailleurs on retrouve tout le monde !! Ce soir, apéro !!! (bien mérité puisque je viens de mettre à jour le blog et d'envoyer le CNED !!)

Et voilà la recette promise : LA BAGUETTE (par Bulle) :

1 kg de farine
5 c à café de levure sèche (celle qu'on trouve dans toutes les épiceries)
1 c à café bien bombée de sel (à doser selon son goût)

Mettre la farine dans un gros saladier, faire un puits, mettre la levure
+ 500 ml d'eau (température ambiante s'il fait chaud ; sinon, prenez de l'eau tiède)
Mélangez et rajoutez encore de l'eau (environ 2 à 300 ml) peu à peu. 
Pétrir avec le poing en tournant (le geste est important) pendant 5 bonnes minutes.
Faire une boule et laisser gonfler sous un torchon humide pendant 20 minutes.
Reformer une boule et relaisser gonfler 20 minutes.
Récupérer la boule et la couper en 3 ou 4 (selon le nombre de baguettes que vous voulez faire).
Applatissez un peu chaque bout en un ovale et repliez chaque côté une fois vers le milieu (on plie vers le milieu un côté, puis on plie l'autre côté sur celui qu'on vient de plier). Puis façonner un peu votre baguette avec les 2 mains en torsadant un peu (c'est plus facile à faire qu'à décrire !).
Faites quelques entailles puis recouvrez du torchon humide en attendant que votre four chauffe.

Enfournez à 230° et jetez en même temps un verre d'eau froide dans le lèche-frite (pour la formation de la croûte) ; laissez cuire 10 min à 230 puis baisser à 210 et laissez encore 10/15 minutes.

Et voilà !


dimanche 20 janvier 2019

Les Gambiers


Le 11 janvier 2019 : appareillage de Tahanea à 17 h pour les 3 bateaux, direction les Gambiers : 660 M à faire avec une "fenêtre météo" de Nord Est (si on attend du Nord Ouest, on peut passer 2 semaines à Tahanea ...).

Le passage de la passe se fait sans encombre mais nous essuyons un premier grain juste après ! Suivi de 2 autres, ça commence bien !! En fait, les premières 24 heures seront secouées !! Lotus est évidemment au près très serré, avec 20 à 30 kt de vent et une bonne grosse mer bien hachée ! On avance mais ça tape, ça claque, ça secoue ! Le capot avant bâbord fuit (le pont est submergé régulièrement par les vagues !), le sapin de Noël descend d'un étage ... la plaisance c'est le pied !!

Je migre dans la cabine arrière bâbord avec Lilas pour pouvoir dormir (papa a du nez : c'est la meilleure couchette quand on est au près avec une mer démontée ! Le lendemain matin, on ne voit plus nos bateaux copains. D'après Julien (et je suis de son avis), ils sont derrière nous. Le temps va heureusement se calmer dans la journée et la navigation devient plus agréable. Nous sommes partis le 11 janvier à 17 h ; nous arriverons le 16 janvier à 8h à Rikitea, sur l'île de Mangareva. Avant d'y arriver, l'odeur de l'île nous est parvenue : humus, feuille, herbe ... c'est bien vert !

Reste à attendre nos 2 bateaux copains : 6Gone arrivera en début d'après-midi, Fakarêver quelques heures plus tard. Julien est content car nous n'avons rallumé nos moteurs que dans la passe contrairement aux 2 autres qui ont dû s'aider un peu au moteur, faute d'avoir assez serré le vent.

Côté pêche, deux petits poissons ont daigné mordre à nos lignes le 14 janvier ..... un peu petites les daurades !

Enfin, nous voilà arrivés aux Gambiers et contents d'y être enfin. Le retour vers les Tuamotus sera certainement plus agréable puisque nous n'aurons pas à lutter contre la mer !




Le village de Rikitea est à l'image des villages polynésiens : une rue au bord de la mer avec de part et d'autres quelques habitations, 3 supérettes, une poste, une mairie, quelques snacks .... A noter qu'au village il y a 2 chapelles et une cathédrale, totalement disproportionnée ici.


Allez, voilà la minute culture, rien que pour vous : "en 1834, les Gambiers étaient une escale importante pour l'approvisionnement des navires et produisaient de la nacre. A cette époque, une mission catholique convertit rapidement l'ensemble de la population qui, en 50 ans, passa de 6000 habitants à 463 !! 2 causes majeures à ce désastre démographique sont avancées : les maladies européennes, importées par les navires de passage, combinées à l'action du supérieur de la mission qui se comporta en esclavagiste, imposant aux mangaréviens un travail surhumain pour bâtir une série de monuments religieux (dont la fameuse cathédrale !).
Quant à nous, après une journée de récupération, les jambes nous démangent d'aller gambader un peu dans l'île. Nous voilà donc tous partis, dans l'après-midi (eh oui, il y a CNED le matin !) pour l'ascension du Mont Mokoto (425 m). La ballade est sympa : on suit d'abord la route, puis un sentier en sous-bois, où nous aurons la joie de trouver des framboises sauvages ! On continue sous une forêt de pins (et les épines par terre, ça glisse car la pente est sévère quand même). C'est frais, et odorant mais mieux vaut ne pas s'arrêter trop longtemps : les moustiques sont à l'affût !!

A la bifurcation, nous tournons à droite, vers le mont Mokoto (à gauche c'est le mont Auorotini, 443 m, avec un chemin plus escarpé nous a-t-on dit ... on le garde pour la prochaine fois) et on continue à grimper, grimper ... grimper encore ... On sort de la pinède pour déboucher sur un pâturage (pentu !) où quelques chèvres se régalent. La vue est spectaculaire.

Après une petite pause, nous entreprenons l'escalade du sommet : je dis bien escalade car c'est franchement super pentu et, avec Lilas sur le dos, je grimpe précautionneusement à 4 pattes la plupart du trajet !! Pffiiuu, si ça c'est la balade "facile" !!

La descente sera aussi épique : j'adopte la descente en marche arrière pour avoir de bonnes prises pendant que Julien aide Violette, qui y laissera son fond de culotte à force de glisser sur les fesses. On repasse par les framboises (étonnamment beaucoup moins nombreuses qu'à l'aller !) et on fait un stop sous un pamplemoussier. A priori, il a fait très froid aux Gambiers cette année (ça descend jusqu'à 15° !) car les fruits sont en retard et les pamplemousses encore un peu verts. On espère qu'ils vont mûrir sur le bateau et on se charge d'une douzaine de pamplemousses, et là je ne parle que de l'équipage de Lotus, et pour que la fin de la rando soit sportive aussi. Nous arrivons sur les rotules, chargés de pamplemousses mais aussi de bananes et fruits de la passion, gentiment donnés par un habitant. Nous avons donc le plein de fruits !!

Côté ravitaillement, les supérettes ont l'essentiel mais les légumes sont rares : j'achète les dernières carottes ! Rendez-vous dans 15 jours, pour le frais, à l'arrivée du prochain bateau.

Côté internet, nous relevons nos mails au snack Jojo (raisonnable côté prix, les frites sont bonnes et il fait aussi supérette). Le débit est très limité mais nous ne sommes pas coupés du monde et nous avons même la télé !

La soirée est agréable : les enfants sont partagés sur les bateaux (les garçons sur Fakarêver, les filles et Axel sur Lotus) avec des pizzas et les parents vont au resto. Au menu chez Jojo : frites et poisson.

Pour ne pas laisser les courbatures s'installer, nous repartons le lendemain (sans Fakarêver qui préfère changer de mouillage pour lézarder sur une jolie plage) pour le chemin traversier Kirimiro (le chemin part en face du snack Jojo) : la balade est plus facile et on arrive rapidement de l'autre côté de l'île. On suivra la route à la recherche d'un endroit sympa pour pique-niquer et on finira à la pension Maroi qui possède une petite plage de sable fin. Son propriétaire, Michel, nous autorisera gentiment à nous installer : c'est la semaine de vacances pour sa pension. Pendant que les enfants se baignent, il prendra le temps de nous parler de sa ferme perlière, de nous montrer sa production et nous repartirons avec des pieds d'huîtres perlières tout prêts à être dégustés ! Une belle rencontre.

Sur le chemin du retour, nous ramasserons 2 régimes de bananes (histoire de ne pas rentrer trop légers !) et un habitant en nous voyant passer, avec nos 2 régimes bien verts, nous demandera si on veut des bananes mûres. Cette question !! et hop, un 3e régime, à déguster rapidement. On retrouve là la générosité et la gentillesse des polynésiens.

Bon, côté fruits, on est bon. Il paraît qu'il y a un maraîcher à la sortie du village ... Anne et moi bifurquons à sa recherche pendant que le reste de la troupe rentre à bord, chargés des bananes. Nous marcherons jusqu'au bout du chemin en passant devant la chapelle Saint-Pierre, l'ancien couvent Rouru ... mais le maraîcher n'est pas là et de toute façon, il n'y a plus un légume dans son jardin : c'est l'échec !

Tant pis, nous nous consolons par un apéro à bord, avec dégustation des pieds d'huîtres perlières pour les grands (ça ressemble à de la coquille Saint-Jacques) et pizza pour les petits, tout cela suivi d'un fondant à la banane pâtissé par 6Gone. Slurp !

Dimanche (20 janvier), après une matinée internet (j'ai tenté la mise à jour du blog et en limitant les photos, c'est un succès !), nous partons vers l'île d'Aukena, où nous trouvons un joli mouillage devant une plage de sable fin (ça change des plages de corail des Tuamotus : nos pieds apprécient !).



Je profite de l'après-midi pour finir la nouvelle housse de notre siège de barre : la première a moisi ... Cette fois, je l'ai faite dans un revêtement plus solide et nous avons racheté de la mousse "marine" : elle prendra moins l'eau, par contre, elle est nettement plus ferme. Je suis contente du résultat et finalement c'est l'essentiel !

Julien a fait la connaissance sur la plage de Bernard et Marie-Noëlle qui possèdent la moitié de l'île. Ils nous ravitailleront gentiment en citrons. 
Le 22 janvier, nous entreprenons de faire le tour de l'île pour aller voir l'église qui est de l'autre côté. C'est une rando qui longe la plage : on a les pieds dans l'eau souvent, il faut choisir entre se mouiller ou se contorsionner pour passer sous les arbres. Le limbo a ses limites ... Nous arrivons enfin à l'église mais notre vitesse d'avancement nous incite à faire demi-tour plutôt que d'essayer de finir le tour de l'île. Il faudra réessayer par marée basse, ce sera plus facile. Après avoir profité de la plage de sable fin, le goûter (tarte meringuée aux fruits de la passion, pâtissée par Julien) nous réconforte. La vie est belle !

Bon, il y a toujours des à-côtés moins sympas :
- le CNED ... en ce moment, nous en sommes aux évaluations du module 4 ; encore 4 modules pour finir l'année ! Et il va falloir réussir à envoyer tous les fichiers avec le débit internet très limité que l'on trouve ici. Ça sent les heures perdues !
- Julien est monté au mât pour réparer et replacer un chariot de la grand-voile, endommagé après notre traversée.
- une des batteries bâbord (celle du groupe électrogène) se décharge la nuit : on s'en est rendu compte par hasard. La batterie sera à changer à Tahiti. En attendant, ça fonctionne encore grâce à la recharge solaire journalière donc on s'en tire bien.


Notre mouillage solitaire se peuple peu à peu : nous faisons connaissance avec "Appel d'air" et "Zingaya" (2 monocoques avec enfants à bord). Fakarêver nous rejoint en fin de semaine pour affronter avec nous 2 jours de grains orageux (qui évitent en grande partie notre mouillage heureusement)! Ça n'empêche pas les enfants d'aller jouer à la plage et vendredi soir c'est soirée pyjama à bord : il flotte encore un air de Noël à bord !



Côté baignade, les fonds se troublent un peu mais comme d'autres nageurs, je fais la connaissance d'un poisson tigre et ça occupe ma baignade : il est resté collé à moi pendant toute la durée de mon snorkeling. On peut même le toucher : il n'a peur de rien ! A noter que l'eau est plus froide qu'aux Tuamotus (seulement 27 à 28° ici).

Samedi, le mouillage est envahi par les méduses ... le côté gélatineux est assez désagréable quand on en rencontre un mur en nageant. Et hélas, au milieu de centaines de méduses inoffensives se cachent quelques méduses urticantes !      Les enfants profiteront quand même de la plage et le soir, les parents se rassemblent sur 6Gone, les 5 filles (Violette, Lilas, Aure, Héloïse et Elise, d'un monocoque voisin) sur Lotus et les 4 garçons sur Fakarêver.

Côté adultes, une partie acharnée de Time's Up est remportée haut la main par l'équipe féminine, autour d'un apéro fort sympathique (margaritaaaaaaaaaS !!) qui se terminera par une dégustation de rhum vieux. A bord de Lotus, c'est soirée pyjama : Lilas s'est endormie dans la cabine de papy quand nous revenons à bord mais les 4 "grandes" sont encore réveillées : forcément, à 4 dans la cabine de Violette, il fait un peu chaud ! Mais un ventilateur plus tard, tout se calme ...

Le lendemain, nous quittons notre beau mouillage vers l'Ouest de l'aéroport : l'eau est translucide, il n'y a pas de méduses et nous sommes seuls au monde. Trop top ! Entre école, cuisine, ménage, lessive (eh oui, même sur un bateau, on n'y coupe pas !), baignade, canoë, plage, ballade sur le platier ... le temps passe.

Prochain rendez-vous : le bateau de ravitaillement (il y en a 2 par mois) qui est prévu à Rikitea le 1er février. Ce sera l'occasion d'envoyer cet article et d'essayer d'envoyer le module 4 du CNED (là je suis moins optimiste !).












Nouvel an à Ahe puis Tahanea

Le 29 décembre, nous quittons Fakarava vers Ahe, en compagnie de 6Gone.
Les conditions de navigation sont bonnes : 20 à 25 kt de vent, travers au début, au près à la fin. Nous arrivons dans la matinée du 30 décembre, toujours bredouilles côté poissons et avec 30 kt de vent de face dans le lagon. 
Ahe est peu peuplée : ce n'est pas là que nous trouverons de quoi nous ravitailler en frais ... eh bien c'était sans compter sur Mirage dont l'équipage a acheté un motu au sud de l'atoll. Ils avaient fait une commande par avion en nous incluant gentiment. A nous les citrons, bananes, avocats, salades, carottes, courgettes, chou vert ...

Ahe étant un peu isolé, il a la chance de ne pas être touché par la ciguatera ( les poissons mangent une petite algue les rendant impropres à la consommation. Cela engendre la" gratte" et peut aller jusqu'à des dommages neurologiques !). Edouard (de Mirage) nous pêchera quelques poissons le matin pour le repas du soir. Le réveillon est prévu sur la plage, à côté d'un joli hôtel qui tirera un feu d'artifices ! Top !!
Le lendemain, nous voilà partis à la queue leu leu derrière Mirage pour rejoindre son motu. La navigation se fait à la voile ... et c'est là qu'on voit que Mirage est nettement plus rapide que Lotus ou 6Gone ! Heureusement, il nous attendra pour débuter le slalom entre les bouées des fermes perlières. C'est un vrai champ de mines ! Il y en a partout, parfois immergées ... on passe au point mort quand on passe au-dessus d'une ligne de bouée ... Nous arriverons sans encombre devant leur motu (nommé Pahere).
Le mouillage se fait par 15 m de fond, au milieu des patates de corail. On croise les doigts pour que la chaîne ne reste pas coincée quelque part !
Le mercredi 2 janvier, nous jouons les aventuriers : débarquement sur le motu de Mirage en force ! Edouard a déjà balisé un petit chenal pour les annexes ce qui facilite le débarquement. Un petit tour dans le motu nous permet d'atteindre une petite plage où nous ferons un barbecue. Mais avant ça, il faut aller pêcher !! Pendant que l'équipe des garçons part vers le platier, je commence le tour du motu avec Lilas et un sac poubelle. L'opération propreté s'arrêtera vite : le sac est rapidement plein des divers déchets, bouteilles en plastique, tongs ... qui se sont accumulés à l'intérieur du lagon. Il y a du boulot !!
Nous ferons le tour complet, en passant par le platier et en ramassant des jolis coquillages. Pendant  ce temps, c'est un succès pour les garçons qui ramèneront un beau poisson (un napoléon) que nous dégusterons en barbecue.
Violette et Aure adopteront pour quelques heures un petit margouillat qui restera bien tranquille sur leurs mains, à leur grande joie.
Nous retournerons au mouillage devant l'hôtel le lendemain, en faisant un stop au village pour un ravitaillement limité (oeufs, viande surgelée, farine ...). L'activité du jour : surf tracté derrière l'annexe. C'est un franc succès.
Le soir, les grands se font une soirée resto (une fois n'est pas coutume) à l'hôtel. Les filles restent à bord devant un dessin animé avec des crêpes au menu : aucune plainte n'a été enregistrée !
Quant à nous, nous nous sommes régalés : en entrée, cassolette de bénitiers suivie de 3 poissons différents, tous excellents : (la pêche du jour !) accompagnés de petits légumes. En dessert : gâteau tomate avec glace ananas et coulis de mangue. Une adresse à ne pas manquer sur l'île : le Cocoperle lodge. Le propriétaire est sympathique, le restaurant excellent et il y a maintenant 2 bouées à la disposition des bateaux de passage.
Le 5 janvier, nous fêtons, un peu en avance, l'anniversaire de Renaud (4 ans) sur Mirage. Nous avons une bonne fenêtre météo pour filer vers Tahanea.

Appareillage le 6 janvier à 7h30 : il faut retraverser tout le lagon avant de mettre le cap Sud Est. Le vent est tranquille entre 10 et 14 kt. Malgré tout, vers 20h, un bruit nous alerte : notre spi, réparé depuis peu, vient de se redéchirer sur toute la longueur !! Zut alors (pour être polie !)
Autre grosse déception : un énorme poisson a mordu à la canne à pêche et après une bataille épique pour le remonter ... la ligne a cassé à quelques mètres du bateau ! Je censure Julien qui ne s'en est toujours pas remis !!
L'arrivée sur Tahanea se fait par la passe Teavataru et on mouille au NW de la passe dans de l'eau turquoise. Julien, plein d'optimisme, se met au boulot pour réparer le spi : il découdra, je recoudrai ... et advienne que pourra ! Cela nous tiendra bien occupé, le temps que 6Gone (qui a fait une pause à Fakarava) et Fakarêver nous rejoignent. Au programme : dérivante dans la passe (où certains apercevront un gros requin tigre) et apéro bien sûr !
Nous ferons une journée au sud de Tahanea, mais nous reporterons à plus tard le barbecue sur la plage car après examen de la météo, une fenêtre météo est possible pour aller jusqu'aux îles Gambiers. C'est loin : 660 M à faire ... Fakarêver et 6Gone sont motivés ... Bon allez, pourquoi pas ?
Nous revenons près de la passe Teavataru (où nous trouvons à notre grande surprise l'Aranui 5 !) et après un barbecue sur la plage et un après-midi baignade, on se motive : en avant vers les Gambiers !!