mardi 15 octobre 2019

Le Vava'u nous a conquis, au tour de Ha'apai !

Sisla Island, derrière laquelle nous avons mouillé, est magnifique : un joli plateau de corail avec des jolis coraux, des poissons, des étoiles de mer ... et une jolie plage où les filles ont trouvé quelques coquillages. 
On lève l'ancre presque à regret vers le "jardin de corail" qui se trouve très proche à Nua Papu. Le mouillage n'est pas aussi abrité, la plage est moins jolie et nous sommes à marée basse : le jardin de corail est inaccessible. Un petit tour sur le platier achève de nous décevoir. L'équipage est unanime : c'était mieux avant ! Il est encore temps de retourner mouiller devant "notre île" ! Appareillage !!
Nous profitons encore le matin de notre île privée avant de repartir. Je retourne admirer les coraux, et autres algues ou organismes vivants non identifiés avec Julien. Il y a des étoiles de mer bleues et roses, des poissons clowns et une raie léopard mettra les voiles en me voyant.
Pendant ce temps, les filles vivent leur vie : elles sont maintenant assez grandes pour aller toutes les 2 en canoë à la plage sans nous.
Les filles ayant ratissé la plage, nous levons l'ancre pour aller rejoindre Appel d'air au mouillage devant Kenutu island.
L'après-midi, petit tour en canoë jusqu'à la plage : elle est jolie mais côté snorkeling, pas grand chose à voir. Il y a des herbiers au fond mais pas de tortues en vue. De chaque côté de l'île, il y a des petits isthmes sur lesquels la mer vient claquer, s'engouffrant dans les falaises avec des bruits impressionnants.

Le lendemain, journée pluvieuse : il fait gris comme en Bretagne. Après un peu d'école, je mobilise les troupes : allez, on va marcher un peu et on prend le petit sentier que Julien a repéré la veille et qui permet d'aller de l'autre côté de l'île. Mathéo se joint à nous pour une petite randonnée qui s'avèrera humide (on se mettra à l'abri sous la végétation locale), ventée au niveau des falaises, glissante ... Finalement, on fera demi-tour, le sentier disparaissant dans la végétation.
Et on dit merci qui ? pour ce si bon moment passé ensemble ? Lilas est la seule à avoir dit "merci", jusqu'à ce qu'elle comprenne pourquoi je lui demandais de le dire.
"Elle était nulle ta ballade maman"
Bon, le temps se dégage enfin en début d'après-midi et on bouge vers l'île Ngau, petit mouillage qui permettra un départ matinal demain vers le groupe Ha'apai sans trop slalomer entre les récifs parce que la carte du Vava'u, c'est ça :
des cailles, des récifs, des plateaux coralliens ...

Et pour un dernier mouillage au Vava'u, on n'est pas déçu :
Les équipages d'Appel d'air et Lotus feront une sortie plage (avouez qu'elle est belle non ?) pour discuter de l'heure de départ, de la météo (plutôt bien), de la distance, du mouillage à l'arrivée ...
Pour être traquille, nous irons sur le petit ilôt par le chemin de sable. 
Bon, nous nous ferons chasser en fin d'après-midi par des moustiques insistants (les premiers qu'on croise ici !) mais c'était chouette :)
Appareillage prévu demain matin, entre 6 et 7 h. La météo prévoit du 15 kt Nord Ouest.

Cette fois, on navigue de jour avec plusieurs objectifs :
- voir des baleines
- pêcher une daurade (bon, si c'est une bonite, on garde quand même !)
- arriver de jour (60 milles à faire, ça semble possible :)
- et pour Julien : arriver avant Appel d'air :)
 Résultats dans le prochain article :)


vendredi 11 octobre 2019

Ouah ! Les Tonga !!

Alors pour ceux qui se posent des questions sur les formalités d'entrée aux Tonga : à Pangai (sur l'île de Lifuka, groupe Ha'apai), ça se passe bien 
On a cherché une fréquence pour appeler par VHF les douanes ou autorités du port ... et comme on n'a pas trouvé, on est tous descendu à terre en annexe et on a été au bureau des douanes. Facile à trouver, il est au pied d'une énorme antenne blanche et rouge, le long de la route sur la droite du quai. (c'est aussi au pied de cette antenne qu'on trouve un algéco DIGICEL, bien pratique pour acheter en 10 minutes chrono une carte SIM et un abonnement mensuel).


Le panneau annonçant les CUSTOMS est magnifique ... les bureaux sont en fait dans un simple ALGECO. Le douanier nous a expliqué qu'il fallait venir se mettre au quai principal (il y avait un ferry à notre arrivée mais il n'est pas resté longtemps) pour faire monter à bord :
- un douanier (lui-même)
- un responsable de la santé
- un responsable quarantaine
A priori, on peut aussi les amener à bord en annexe ... mais il nous a précisé que le responsable de la santé pesait 200 kg et qu'il n'aimait pas les trajets en annexe.

Ok, on rentre au bateau en faisant un détour pour prendre des sous (il y a un distributeur à la boutique bricolage, à côté du quai). Le temps de mettre les défenses, de remonter le mouillage, nous accostons au quai des ferry (bien haut pour notre "petit" bateau).
Le douanier nous attend et nous aide pour l'amarrage. Sa collègue de la quarantaine monte à bord précautionneusement, avec un gilet de sauvetage. Le responsable santé monte aussi sans problème et effectivement, il est impressionnant !
Pendant que nous remplissons les papiers habituels, le responsable santé nous signe un papier, récupère 100 dollars d'ici et s'en va. La dame de la quarantaine vérifie les fruits et légumes qu'on a à bord, ainsi que la viande et le poisson mais ne nous confisque rien heureusement. Elle nous précise juste que tout doit être consommé à bord et non à terre. Bien reçu ! Elle nous demande 23 dollars (mais je n'ai pas de monnaie et elle s'accomodera des 20 dollars).
Le douanier nous signera son papier sans rien demander et nous conseillera de faire la sortie ici plutôt que dans le groupe du sud des Tonga où, selon lui, ils sont "pénibles". Bien noté aussi !
Et voilà, les formalités sont faites dans une ambiance détendue.


L'appareillage se fait sans problème et nous retournons mouiller devant Pangai. Nous avons internet à bord et ça nous permet d'apprendre qu'Appel d'air est arrivé, avant nous (Julien est vert !) et au Vava'u. On hésite : on les rejoint ou on les attend ? La météo décidera pour nous. Mon estomac est tout juste remis de notre traversée alors repartir ... : 70 M seulement ... 70 M quand même !

Au cas où, jeudi matin, après une matinée école et baignade pour moi (brrr ! Elle est à 24 degrés seulement !) on remonte au nord du groupe Ha'apai et on mouille dans une petite crique, entourée de platiers. Il y a tout juste la place et c'est magnifique. En bonus, la plage est en sable doux aux pieds et les plateaux de corail colorés et peuplés de pleins de petits poissons. Il va vraiment falloir que la météo soit bonne pour qu'on bouge !


Les louloutes trouvent l'eau un peu frisquette mais ne résistent pas à l'envie d'aller voir les petits poissons.


A minuit, réveil pour l'équipage de Lotus : appareillage sous la lune (on avait pris nos repères et on savait qu'en passant entre les 2 monocoques mouillés derrière, qui heureusement n'ont pas bougé, on sortait sans encombre de notre joli mouillage) pour aller rejoindre Appel d'air. Le vent est calme et son orientation, plein Est, est limite mais nous permet d'installer le genaker.
Avec 10/15 kt, la mer est calme et nous remontons donc tranquillement à 6/7 kt pour arriver en vue des îles du Nord au matin. Des petits bateaux traînent ... ooooh une baleine !! Nous passerons juste à côté d'une baleine et un peu plus loin, d'un groupe de baleines ! Pas de photos pour le blog : j'étais trop occupée à les regarder !!


Les îles du Vava'u sont très boisées et surélevées : on voit partout des falaises d'une vingtaine de mètres. Ce sont comme des bouchons de corail, bordés parfois de très jolies plages. Nous slalomons, au moteur, en suivant les cartes Navionics, pour arriver vers 9h à Port Maurelle, une petite crique avec une jolie plage au fond.


Appel d'air mouillera en compagnie de Zymovia et Hockey Pockey pas très loin des grottes. Nous les rejoignons en annexe en début d'après-midi pour une expédition grotte :
- une première où l'entrée se fait sous l'eau pour arriver dans une grotte fermée : avec le mouvement des vagues dedans, l'air se compresse et se décompresse, créant une espèce de brume à l'intérieur. La lumière du jour arrive par l'ouverture sous l'eau ... c'est "magique". Violette hésitera un bon moment et finalement n'osera pas s'aventurer au-delà de l'ouverture sous-marine.

- la deuxième grotte est plus grande et on peut y rentrer en annexe. Julien s'aventurera dans la partie sèche à pieds. Il y a de belles stalagtites mais certains (et ils sont nombreux hélas) ont tagué les parois avec des bombes de peinture pour y écrire des choses éminemment intéressantes, genre leur nom ! Et comme souvent, quand il y a un crétin qui le fait, beaucoup de personnes arrêtent de réfléchir et se mettent à "faire pareil" ! Cela dénature un peu la beauté naturel du lieu.
Nous finissons sur Appel d'air pour le goûter et ils se laissent convaincre de nous rejoindre au fond de la baie ce qui nous permettra de tenir un debriefing de nos traversées respectives (autour d'un petit punch).
Il en ressort que l'hôpital du Vava'u a un personnel qui n'a pas été vraiment attentif pendant les études de médecine mais ils sont de bonne volonté et les soins ne sont pas onéreux. Sébastien en est ressorti avec un plâtre mal fait, positionnant sa main (métacarpe cassé) dans une mauvaise position. Le plâtre étant devenu tout mou rapidement, Cathy l'a remplacé par une attelle plus fonctionnelle et adaptée.

Samedi 12 octobre, après une ballade sur la plage et une bonne baignade, nous quittons le mouillage pour aller un Mille plus au sud, devant une toute petite île dont la plage nous avait fait de l'oeil au passage. Plage de sable fin, eau turquoise ... on en prend pleins les yeux.


Une après-midi plage puis on file rejoindre Appel d'air qui a continué plus au sud, pour kiter. Euh ... il y en a des îles ... et pas moyen de les avoir à la VHF. On met le cap sur une île où on avait vu des ailes de kite : 5 monocoques devant mais en arrivant, il faut se faire une raison : ils ne sont pas là ! Zuuut !
Tant pis, on se met au mouillage derrière un joli petit îlot et on les retrouvera demain.
Encore un tour en canoë, une baignade ... 
Les Tonga ont un petit goût de paradis qui aident à oublier notre navigation jusqu'ici (Julien dit que j'exagère et que la navigation a été top !)



mardi 8 octobre 2019

Journal de bord de notre traversée de Tahaa vers les Tonga !


Samedi 28 septembre, 17h45, Lotus et son équipage quittent la Polynésie, direction les Tonga à environ 1400 milles nautiques. Nous avons profité jusqu'au bout de nos amis sur Fakarêver et le départ est difficile mais la suite du voyage nous attend. Une dernière baignade, derniers préparatifs et c'est parti, au coucher du soleil.

Nous avons laissé Appel d'Air partir devant ... mais pas de beaucoup !

Julien a préparé le genaker. La grand-voile est hissée au mouillage et ne nous servira pas au début puisque nous aurons le vent dans le nez jusqu'à la passe. Nous sortons du lagon de Tahaa à la voile, à 8 kt, avec le génois parce qu'il y a un effet venturi entre les 2 îles et ça souffle !
Bon, le vent retombe aussitôt, Raiatea faisant un écran efficace. Nous remplaçons le génois par le genaker : 7/10 kt de vent, plutôt arrière, la grand-voile se ballade et nous nous traînons à 2/3 kt. Heureusement, ça ne durera pas ! Appel d'air un peu devant, nous annonce le retour du vent : ils sont à 8 kt !

Ah oui, le vent se renforce et Lotus daigne enfin avancer entre 7 et 8 kt ! Tant mieux car la mer est bien agitée avec une petite houle hachée que nous prenons de travers. C'est bien le vent, mais là c'est presque un peu trop : 20 / 25 kt ... zut on est en limite pour le genaker ! 
Finalement, on le gardera encore jusqu'à 22h environ. Là je vais gratter le pied de Julien pour qu'il vienne m'aider à changer le genaker contre le génois parce qu'on est trop limite pour passer la nuit comme ça. On a bien fait : la nuit sera bien ventée avec des rafales à 30 kt et une grosse mer de 3/4 arrière. Le ciel se couvre ... : on est secoué ET mouillé maintenant ! Et comme ça vient de l'arrière, le cockpit est trempé ! La plaisance, c'est le pied !

Dimanche 29 septembre, 8h : ce matin, toujours du vent : la moyenne indiquée est de 7,5 kt pour l'instant, avec une pointe à 12,1 kt. La mer est forte, agitée et Lotus zigzague en surfant. Ça déménage un peu dans le bateau mais pas de casse. Dans la nuit, nous avons croisé le Paul Gauguin : on ne peut pas le rater !
Les filles dorment encore : Violette dans sa cabine, Lilas dans le carré où elle a m'a rejoint pendant la nuit. Vu l'état de la mer, ce n'est pas aujourd'hui que l'on fera école. 
Julien a mis la ligne de pêche à l'eau et récupère pendant que je surveille. Nous avons perdu Appel d'air, AIS et VHF, pendant la nuit. 
Ce n'est pas agréable ou confortable mais ça avance ! La météo nous prévoit une "molle" durant cette traversée : avec un peu de chance, elle ne sera pas si molle mais permettra à la mer de se calmer un peu. 
Le régime de bananes est bien arrimé et une 2ème banane se décide à mûrir. Chouette ! Pour passer le temps, lecture, écran, mots fléchés ... et tenue de ce "journal de bord".
Dans l'après-midi, nous passons au nord de Manuae, un atoll perdu au milieu de rien : si on n'avait pas dévié un peu, on aurait presque pu le percuter !
18 h : le point : environ 190 milles parcourus.

Lundi 30 septembre, 8h : toujours au génois et à la grand-voile, 1 ris. Le vent souffle toujours avec des rafales jusqu'à 28 kt. D'après Julien, ça s'est calmé ... mouais ... j'ai comme un doute ! 
Aucun bateau croisé.
Les 2 lignes de pêche sont à l'eau sans résultat jusque là. 
Hier soir, j'ai fait du pain et je comptais aussi faire des gâteaux au chocolat mais j'ai été arrêtée net dans mon élan : le groupe électrogène ne crache pas d'eau ! Zuuuut ! On coupe tout. Julien essaiera de le réamorcer en mettant de l'eau mais ça ne marchera pas. On a fini de cuire le pain à la poêle.
Aujourd'hui, Julien a donc du "pain" sur la planche : a priori il faut changer l'impeller.
Il s'y attellera dans l'après-midi, la mer ne se décidant toujours pas à se calmer. En démontant, il constate qu'effectivement l'impeller (changé en Espagne donc ça date !) est en miettes. Nettoyage, mise en place du nouveau, reste à remonter et .... tous les noms d'oiseaux y passeront : la vis vient de casser ! Il mettra presque 2 h à la sortir du trou où elle s'est cassée. Mais c'est un succès : le groupe électrogène est de nouveau fonctionnel !
Nous sommes sur le roof en train de discuter quand Lotus se prend une belle vague de côté, qui balaie tout le pont ... le capot au-dessus de notre lit était entrouvert ... ZUT ! Les draps et oreillers sont trempés et on peut dire merci à l'alaise : le matelas est sec !
Côté météo, le vent se renforce encore un peu : Julien prend le 2ème ris avant la nuit.
18h : le point : 184 milles parcourus.

Mardi 1er octobre :
Toujours 25 kt SE bien établi ce matin, et la mer qui va avec. Ça commence à bien faire de se faire secouer ! D'ailleurs le régime de bananes s'est décroché pendant la nuit !
La mer est 3/4 arrière et le bateau passe son temps à zigzaguer (génois et 1 ris à la GV). Vivement que ça se calme ! Toujours rien à l'horizon. Il reste un peu plus de 800 M à faire.
18h : le point : 175 milles parcourus


Mercredi 2 octobre :
Le vent s'est progressivement calmé pendant la nuit et ce matin, il n'y a plus que 10/15 kt et il est en train de passer Est. Vers 7h, nous affalons le petit spi pour mettre le grand et amenons la GV. Notre moyenne va en prendre un coup puisque le vent baisse en dessous de 10 kt, mais ça fait du bien un peu moins de vent. Il fait jour tôt : il va falloir qu'on change d'heure bientôt.
Vers 11h, la canne à pêche nous appelle : un belle daurade fait des bonds derrière. Comme souvent avec la canne à pêche : impossible de la remonter et elle finit par se décrocher. Julien fulmine.
L'après-midi, je récupère pendant que Julien fait un peu école à Violette. 
En fin d'après-midi, c'est douche sur la jupe et on fait tourner le groupe électrogène pour faire cuire le pain et tourner le dessal. Notre régime de bananes est à moitié mûr : il va falloir commencer à se régaler alors tant qu'à faire, je fais aussi un crumble pomme-bananes et une quiche pour ce soir.
Nous approchons d'un atoll perdu au milieu de rien : Palmerston. Nous passerons non loin en début de soirée, sans apercevoir quoi que ce soit.
18h : le point : 122 milles parcourus
Jeudi 3 octobre
Nuit très calme ! Comme on n'avance pas, on peut dormir pendant le quart : un tour d'horizon toutes les heures suffit pour assurer la sécurité. Le vent est bien tombé : entre 4 et 8 kt plein Est. Même avec notre nouveau spi plus grand, pas de miracle : on avance entre 2 et 4 kt. On ne fera pas de score encore aujourd'hui mais le temps est au beau fixe et la navigation est très agréable. La mer s'aplatit et je réussirai même à faire décoller le drone pour quelques jolies prises de vue de Lotus sous spi. Ne cherchez pas de sillage, il n'y en a pas à cette vitesse !


Violette quant à elle, fait encore un peu d'école aujourd'hui.
Dans l'après-midi, nous ralentissons encore : le vent tombe entre 2 et 5 n. Le spi peine à rester gonflé. On avance encore : entre 0,5 et 1,5 kt ! J'en connais beaucoup qui auraient craqué et démarré les moteurs ... mais Julien a des nerfs d'acier et il attend le vent !


Nous subissons donc la "molle" avec sérénité.
18h : le point : 76 milles parcourus ... franchement, je m'attendais à moins !
Actuellement, nous sommes à 0,5 kt, avec 3 à 5 kt de vent variable ... nous avons affalé le spi et mis le genaker. Un grand moment ... d'énervement pour Julien, l'enrouleur ayant décidé de faire des siennes. Nous serons obligés de l'affaler 3 fois en vrac, de le rehisser, de le dérouler, enrouler ... Julien fera de l'équilibre sur le bout dehors pour finalement réussir à l'installer correctement. 
Pour que l'équipage garde le moral, ce soir c'est repas crêpes !
On se pose la question quand même : moteur ou pas moteur ? Bah, on n'est pas pressé donc on va passer encore une nuit paisible.

Vendredi 4 octobre
Comme prévu, le vent a été absent cette nuit : nous avons quasiment fait du surplace ! 
Je suis réveillée ce matin par un bruit sourd : Julien est encore en train de s'énerver sur le genaker dont l'enrouleur fait encore des siennes. En s'y mettant à 2, on finit par réussir à bien l'enrouler et on le remplace par le génois et la grand-voile. Le vent reprend doucement : 6 à 10 kt mais plein Ouest !! ça ne nous arrange pas ça : on recommence à avancer mais pas vraiment au bon cap ! Il est prévu qu'il tourne Sud-Est ... mais il prend son temps ! Curieusement, on a déjà une belle houle qui nous remue. Enfin Lotus a repris de la vitesse et on navigue à 5 kt.
Je suis toujours sous nautamine et les journées sont longues ... lecture, mots fléchés, un peu d'écran, un peu d'école ... Les filles dispersent tous leurs jouets dans le cockpit : elles sont en forme elles et tant mieux.
Il reste environ 550 M à faire ... c'est long ! 
15 h : le temps s'assombrit et le vent forcit brusquement. Juste avant le grain, on décide de ranger le genaker dans la soute à voiles (on l'avait laissé en place jusque là). Le temps de l'affaler, de lover les bouts et de le ranger dans la soute à voile, il commence tout juste à pleuvoir. Nous essuierons quelques grains en fin d'après-midi.
Julien met un ris à la grand-voile : rafales à 25 kt. Il en rajoutera un deuxième avant la nuit et on roulera un peu de génois car les rafales montent souvent jusqu'à 30 kt ! Une vague est passée par dessus le bimini alors que je surveillais la mise en place de ce 2ème ris : trempage intégral ! Décidément, c'est tout ou rien pendant cette nav !
En relevant la ligne de traîne, on se rend compte qu'il n'y a plus rien : ni leurre, ni hameçon ...
18 h : le point : 57 M ... magnifique performance !

Samedi 5 octobre :
Nuit agitée : ça tape un peu sous la plate-forme ; j'ai migré dans la cabine de Lilas pour bien dormir. Le vent est toujours là, et s'oriente un peu plus Sud-Est. De 3/4 arrière, on avance moins bien mais pas moyen de mettre le genaker avec des rafales à 28 kt. Restent 420 M à parcourir ...
Julien a réparé la ligne de traîne ; à nous de la surveiller un peu plus.
Ce matin, activité cuisine pour moi : pain et pizza au menu. Nous commençons à congeler des bananes pour de futurs gâteaux (le mal de mer ne me donne pas envie d'en faire maintenant).
Vers 13h, je suis réveillée de ma sieste par du remue-ménage : Julien s'active sur la canne à pêche et la ligne de traîne a pris aussi. Je prends le relais sur la ligne de pêche. Pas sûre qu'il y ait encore un poisson au bout : ça tire, ça lâche, ça tire, ça lâche ... Au bout d'un moment, je vois des petits thons jaunes sauter à la poursuite de mon poulpe que je finirai par sortir de l'eau : l'hameçon a disparu et le poulpe a bien dégusté.
Pendant ce temps, Julien a remonté un joli thon jaune : enfin une prise !
 
Il remet les 2 lignes à l'eau, plein d'espoir. Mais elles s'emmêleront entre elles une première fois, puis une 2ème fois de façon irrémédiable. Julien sera bien occupé pour les remettre en état.
Côté vent, il ne se calme pas comme prévu et nous commencerons la nuit avec le génois et la grand-voile à 1 ris. Pas d'école aujourd'hui : ça remue trop pour tout le monde.
18h : le point : 175 M parcourus.
Vers 23h, à la relève de quart, nous avons échangé le génois contre le petit spi : le vent a baissé entre 15 et 20 kt.

Dimanche 6 octobre :
Quand je prends le quart, nous sommes presque travers NIUE que nous frôlons par le sud. C'est une grande galette toute plate : aucun relief qui dépasse. Elle fait penser à Marie-Galante, côté falaises. Nous ne nous arrêterons pas : les Tonga ne sont plus très loin maintenant. Nous croisons un bateau (visible AIS mais juste un halo sur l'horizon visuellement).


Le vent est toujours Est-Sud-Est (donc 3/4 arrière) établi à 20 kt. Restent 250 M à parcourir : encore 2 nuits et nous serons (ENFIN !!!) arrivés. Les filles ont toujours le moral et s'amusent entre elles.
Vers 13h, de nouveau, les poissons nous attaquent. Comme hier, la canne à pêche relâchera sa proie et la ligne de traîne nous ramènera un joli thon. Julien, éternel insatisfait, aurait préféré une dorade ...

En fin d'après-midi, on attend toujours que le vent baisse ... et finalement, les rafales atteignent les 30 nds. Lotus avance à 9/10 kt ... mais on craint pour notre petit spi et on l'affalera pour le remplacer par le génois.
18h : le point : 173 M parcourus. Il en reste autant.

Lundi 7 octobre :
La nuit a été ventée et le matin l'est encore : toujours des rafales jusqu'à 28 kt, une mer agitée. Le vent est Est, Sud-Est : pour que notre génois tienne, nous ne sommes pas en cap direct. Il faudrait que le vent faiblisse pour pouvoir faire cap direct avec le petit spi ... mais il se maintient. Les vagues claquent sur la coque et parfois éclaboussent intégralement le siège de barre et le cockpit : Julien est dans son élément ... pas moi. Le calme des lagons polynésiens me manque déjà !
9h : nous allons devoir tirer un bord. Il reste environ 80 M à faire : trop pour espérer arriver dans de bonnes conditions ce soir. Une dernière nuit en mer se profile.
L'après-midi, le vent se maintient toujours 25/30 kt ; la mer est agitée. A midi, c'est, comme hier, thon au menu, en salade de riz cette fois. Je retarde un peu ma sieste de l'après-midi : chaque fois, je suis réveillée 20 minutes après parce qu'on a attrapé un poisson ! A 14h30, toujours rien : je vais m'allonger et 30 minutes plus tard, Violette m'appelle : un poisson !! 
Et quel poisson : une belle daurade qui a eu la bonne idée de mordre le leurre de la ligne de traîne et non celui de la canne à pêche : Julien réussira à la remonter en bataillant un peu. D'ailleurs on ne remettra pas la ligne à l'eau : entre les poissons et les bananes, le congélateur est plein !


16 h : le poisson est vidé, nettoyé, découpé en filets et Julien finit de nettoyer la jupe : pêcher, c'est aussi ces à-côtés moins séduisants. Sur ce plan là, je ne suis d'aucune aide ; je reste même loin parce que l'odeur de poisson et mon mal de mer ne font pas bon ménage. Heureusement, Julien s'en sort comme un chef et il est heureux : il l'a eue sa daurade !! (Bon, il a quand même grogné parce qu'une vague a balayé la jupe et lui a trempé les baskets)
Côté navigation, on a toujours 2 ris à la GV et un peu de génois roulé.. Nous visons le nord du groupe d'îles, à 45 M. Nous n'allons pas ralentir et essayer de mouiller à l'abri de la première île, de nuit.
18h : le point : environ 160 M parcourus, avec un bord.
La météo n'est pas avec nous : il a fait maussade toute la journée avec de la bruine et on n'a pas vu le soleil ! Nous qui espérions arriver avec une belle lune ... Faute d'y voir assez, nous irons sur un mouillage conseillé par un des guides officieux des Tonga que nous avons récupérés. Mouillage par 10 m de fond, qui s'avèrera rouleur au petit matin. Qu'à cela ne tienne, nous levons l'ancre le matin pour aller faire les formalités.

Arrivée aux Tonga : 2h du matin le mardi 8 octobre et en fait, le mercredi 9 octobre à 1h du matin puisque nous avons croisé la ligne de changement de date et que nous devons reculer d'une heure par rapport à la Polynésie Française.


Bilan de la navigation : 3 beaux poissons ; 1367 milles parcourus ; 9 jours et 8 heures ; une moyenne de 6,1 kt (avec 2 beaux jours de pétole au milieu) ; 45 minutes de moteur (sortie du lagon de Tahaa et mouillage aux Tonga).

La minute culturelle : LES TONGA
Le pays est réparti en trois archipels principaux comportant plus de 170 îles et îlots :
- le groupe Tongatapu (au sud)
- le groupe Vavaʻu (au nord)
- le groupe Haʻapai (au milieu). 
Le groupe de Ha’apai est composé de 68 îles et îlots, les deux plus importantes étant les îles jumelles de Lifuka et Foa. La capitale et principale agglomération de Ha’apai est la ville de Pangai, sur l'île de Lifuka. C'est celle-ci où nous allons faire les formalités d'entrée.
C'est un royaume indépendant membre du Commonwealth. La langue du pays est le tongien, mais 90 % de la population est en mesure de s'exprimer en anglais.
Le pa’anga (TOP) est la monnaie du royaume des Tonga. 1 euro = 2,5 TOP

Dernière minute : 
Nous avons internet depuis le bateau grâce à un abonnement DIGICEL : la carte SIM et 15 Go d'internet pour 1 mois, 25 euros environ ! Rien à voir avec les tarifs en Polynésie Française. Nous attendions Appel d'air : en fait, il est arrivé un jour avant nous dans l'archipel Nord des Tonga. Ils se sont déroutés pour pouvoir faire soigner Seb à l'hopital du groupe Vava'u : il s'est cassé un doigt pendant la traversée ! Bon, on les attend ou on les rejoint ? 

samedi 28 septembre 2019

Huahine, Tahaa et départ !!

Nous sommes restés quelques jours au mouillage devant Faré, le temps de faire les formalités de sortie. Normalement, ça peut être fait dans la journée si on passe le matin à la gendarmerie ... pour nous ça a pris presque 3 jours, souci informatique oblige. Nous avons donc été "obligés" de passer le temps : baignade, école, courses et happy hour (le yacht club de Faré est bien placé et applique des tarifs comme on aimerait en trouver partout. Nous avons donc dégusté des Maitai avec la vue sur le lagon :)

Appel d'air est arrivé de Moorea dimanche en milieu de matinée. Après une réunion au sommet sur Lotus, la suite du programme se précise : nous allons zapper Niue (sauf en cas de météo contraire, une fois partis) et viser directement l'archipel du milieu des Tonga. Une bonne fenêtre météo se dessine et nous n'allons donc pas trop traîner.

Lundi, après un dernier tour au Super U de Huahine (la peur de manquer, c'est terrible !), nous quittons Huahine pour Tahaa, avec Fakarêver. Un échange d'équipage a eu lieu avant le départ : Lilas est partie rejoindre Cécilie sur Fakarêver et nous avons récupéré Agathe sur Lotus.
Il y a du challenge sur cette traversée de 22 M de passe à passe : le vent est parfait pour nous permettre d'envoyer nos spis. Nous testons notre tout nouveau spi pendant que Fakarêver continue son apprentissage pour mettre en place son parasailor. Ils y arriveront avant nous : notre chaussette remonte finalement mais elle n'a pas glissé toute seule !
Enfin, le spi est hissé et les moteurs arrêtés. Fakarêver est derrière ... et le restera jusqu'au bout (sinon vous auriez eu des photos de Lotus vu de devant ... ce sera pour une autre fois). La traversée est tranquille

 mais pas spécialement rapide : avec 10/15 kt de vent, nos spis ne font pas de miracle et nous ferons une moyenne honorable de 5 kt.


Nous entrons dans le lagon de Tahaa sous spi et nous nous dépêchons d'aller mouiller sur le plateau de sable au sud de la passe. Il n'y a pas beaucoup d'eau : 1,20 au sondeur, donc environ 20 cm sous les quilles. 
Comme nous connaissions déjà le mouillage (un grand plateau de sable sans patates de corail et tout plat) nous nous sommes engagés franchement en conservant notre vitesse.
L'ancre est posée ! Hop, le drone décolle : nous assurons la couverture vidéo de l'entrée sous spi de Fakarêver dans la passe. Après tout ça, nous avons bien mérité notre baignade ! Et pour se requinquer, tout le monde se retrouve sur Fakarêver pour le goûter (autour d'un gâteau banane-chocolat) miam !!



Le lendemain, il y a du vent ! Beaucoup de vent ! La sortie en annexe pour aller jusqu'à la vanilleraie de Tahaa est humide. Nous nous accrochons à un ponton en dur et rejoignons à pied la vanilleraie dont le chemin est vraiment proche. L'accueil là-bas est chaleureux et fait le bonheur des louloutes : on nous offre du jus de fruits et des petites bananes !

Nous suivons ensuite l'explication sur la vanille, plante grimpante non originaire de Polynésie mais qui s'y développe très bien. Ici, il n'y a pas de colibri donc la pollinisation se fait à la main, fleur par fleur (ce qui permet de choisir la taille des gousses de vanille récoltées : si on pollinise beaucoup de fleurs d'un bouquet, on aura beaucoup de petites gousses ; si on en pollinise moins, on récoltera moins de gousses mais plus grandes). Les gousses sont récoltées vertes (sinon les oiseaux les picorent) au bout de 8 mois, et amenées à maturation au soleil. Vous pouvez aller voir sur le site de Fakarêver pour la visite en film.
Devant l'appétit des louloutes face aux bananes, ils nous proposent gentiment de repartir avec chacun un régime de bananes ainsi que quelques fruits de l'arbre à pain, le uru, et un gros potiron. Nous serons en plus ramenés en camion jusqu'au pied de notre annexe. Ah : la Polynésie et la gentillesse de ses habitants, nous allons regretter de partir !

Le retour jusqu'au bateau sera tout aussi humide que l'aller mais Julien est aux anges : il y a suffisamment de vent pour sortir sa planche à voile !


Pendant que j'aide à préparer le repas sur Fakarêver (chips et gratin de uru avec du poisson à la sauce vanille car forcément, on a de la vanille, de la pâte de vanille, de la poudre de vanille ... et on veut tester !!), Julien prépare son matériel. Il partira un peu plus tard, lesté par le repas de midi (parce que le gratin de uru, c'est consistant !).
Le lendemain matin, départ vers l'autre côté de Tahaa. Nous partirons vers le sud et Fakarêver, un peu plus tard, par le Nord : c'est du kif kif côté distance. Lotus avancera honorablement avec le genaker (moteur coupé 5 minutes après le départ et rallumé 5 minutes à 
l'arrivée : une bonne nav selon Julien !). Nous avons même une jolie photo grâce à Fakarêver.



Naviguer à l'intérieur d'un lagon a un gros avantage : ça ne bouge pas d'un poil ! Pas d'excuse donc pour les louloutes qui feront école tout le trajet.





Le mouillage est toujours aussi joli mais un peu agité aujourd'hui.


Nous irons tous ensemble au jardin de corail : pour une fois, le courant est presque absent. Cela me donnera le temps de faire des photos tranquilles de poissons qui posent presque (on sent l'habitude !) : de face, de profil ... Je croiserai une grosse murène (sale g
ueule !) au détour d'une patate de corail. Ça donne envie de planquer ses doigts ce genre de bestiole !


Le soir c'est tous sur Lotus et nous garderons Agathe et Cécilie pour une soirée pyjama : pendant qu'on se fera laminer au "6 qui prend" par Leslie, les filles s'amuseront et finiront par s'endormir ... tard :)


Appel d'air nous rejoindra le lendemain en fin d'après-midi et nous étudierons tous ensemble la météo, autour d'un petit cocktail pendant que les loulous prendront d'assaut le carré de Lotus en y éparpillant tous les playmobils.
 Il faut partir au bon moment : il y a presque 1400 milles à faire jusqu'aux Tonga et le but est d'arriver en semaine (pour éviter les taxes de l'overtime). Grâce à 6Gone et à son article, nous incluons dans nos savants calculs le fait que nous passons la ligne de changement de date et perdons une journée complète. Bon, départ samedi alors ? La météo est bonne dans l'ensemble : le vent nous poussera et ne sera pas trop fort.

Le lendemain, petit tour à terre : nous en profitons pour visiter la rhumerie de Tahaa avec Fakarêver : c'est petit mais l'accueil est sympathique et le produit est bon.



Les filles commencent un décompte : zut plus que 2 jours avant de quitter Cécilie et Agathe ! Zut aussi pour nous : on s'était habitué à faire des repas communs, des apéros, des soirées jeux ... Enfin on a la chance de pouvoir fêter l'anniversaire de Vincent avant de partir. Miam, du gâteau !!
Vendredi soir : apéro à bord de Lotus et soirée jeux avec soirée pyjama pour les filles à bord (la dernière) !

Et aujourd'hui, c'est samedi ... le jour du départ. Dernières baignades, dernière mise à jour du blog et on va partir en fin d'après-midi (en laissant comme dernier cadeau à Fakarêver nos poubelles !)
Prochaines nouvelles à notre arrivée aux Tonga dans .... 7, 8 ... euh 10 ? jours.