dimanche 20 janvier 2019

Après presque un mois à Papeete, nous voilà repartis, enfin ! L'escale était très plaisante mais la baignade manquait à tous
Samedi 15 décembre (joyeux anniversaire Vincent !) : nous avons attendu la fin de l'école pour les louloutes pour décoller (ok, c'est plutôt appareiller) vers la marina Taina. Nous voulons passer voir l'état et l'emplacement de la bouée d'un ami d'ami, pour un futur passage à Tahiti.
Nous avons le plaisir de retrouver Mirage que nous croyions déjà partis vers Ahe aux Tuamotu, mais il y a toujours des aléas sur les bateaux et ils ont été retardés. Pas le temps de boire un coup (au grand désespoir de Julien !), nous partons en annexe faire le repérage de la bouée. Au bilan, la bouée semble correcte (un peu envahie par la végétation aquatique) mais par contre, nous ne sommes pas sûrs d'arriver jusqu'à elle sans frotter à certains endroits. A réfléchir ! Cela nous a donné l'occasion de faire la connaissance de Jean-Pierre, son propriétaire, qui a la chance de vivre dans un joli faré au bord du lagon. Nous sommes repartis chargés de pamplemousses qui seront bien appréciés, surtout aux Tuamotu où le ravitaillement en frais est compliqué !
Sitôt revenus au bateau, nous appareillons vers Toau. La météo n'est pas terrible mais elle le deviendra encore moins dans la semaine à venir alors on se lance
Le départ se fait au moteur ... et il faut se résoudre à continuer au moteur : en fait, il n'y a pas de vent du tout ! Nous commençons donc par une nuit de moteur, au grand dam de Julien. La mer est calme, c'est déjà ça !
Le premier jour passe doucement : le vent varie de 5 à 8 kt, on n'avance pas ... Il y a 250 M à faire ... ils vont être longs !
Nos deux lignes de pêche ne donnent rien ...
La deuxième nuit est paisible mais on sait déjà qu'on n'arrivera pas avant la nuit prochaine. Pffff !
Le vent, sensé s'orienter au Sud Est, reste obstinément orienté à l'Est Nord Est, faible heureusement. On avance doucement, au près avec des périodes où le vent monte à 15 kt et où nous décollons de nos 3 kt vers les 6 kt !
Pas moyen d'aller en direct sur Toau, nous décidons donc de passer derrière un atoll et de tirer un bord. Nous virons de bord à la tombée de la nuit ... et le vent tourne un peu avec nous ! Zut, la ligne droite jusqu'à Toau n'est toujours pas possible : il faudra tirer encore un bord ou deux ! Nous sommes à 50 M de l'anse Amyot que nous visons. Nous craignions d'y arriver de nuit ... en fait la nuit sera longue : du vent, plus de vent, un grain (30 kt en quelques secondes), puis tellement plus rien qu'il faut allumer un moteur pour ne pas reculer, puis de nouveau un grain (35 kt !) puis ...
nous arrivons enfin, avec 30 kt de vent, de face évidemment, vers 7h du matin.
Fakarêver et 6Gone nous attendent bien à l'abri et nous venons prendre une bouée juste à côté d'eux, pas fâchés d'être arrivés enfin !
Départ samedi 18h, arrivée mercredi matin 7h ... pas top la moyenne pour faire 250 M !
Mais Julien est content : il fête son anniversaire aux Tuamotu et en bonne compagnie !

La journée, c'est récupération : baignade et sieste ! Violette a retrouvé Héloïse et Aure. Nous ne la verrons pas de l'après-midi qu'elle passera sur le motu avec ses copines.

Le lendemain, nous appareillons tous les trois de bonne heure, direction la passe Sud Est de Toau pour rentrer dans le lagon cette fois. Car l'anse Amyot est un mouillage particulier : une anse protégée mais hors du lagon. Dommage que ça ne passe pas en direct !
Cette navigation sera décevante : pas un poisson (pour les 3 équipages !) et une navigation au près très serré (ça n'avance pas !). Même Julien devra se résoudre à allumer le moteur quelques fois !
Heureusement, le mouillage est joli.
Nous ferons une petite ballade sur le platier avec l'équipage de Fakarêver : la chasse aux bulots sera sportive car la marée n'est pas encore basse. Hervé se fera surprendre par une vague et y perdra ses lunettes de soleil. Heureusement, plus de peur que de mal ! Lilas restera tout au bord avec moi et ramènera de jolis coquillages.
Le soir, un debriefing de nos navigations respectives (passionnantes !) s'imposait autour d'un apéro sur Fakarêver
Le lendemain, 6Gone continue sur Fakarava pendant que nous filons vers le sud de Toau rejoindre Fakarêver (parti plus tôt que nous). Cette fois, la navigation est chouette : du vent plein travers, du soleil et pas de vagues (forcément : dans le lagon !). Nous faisons confiance aux cartes que nous avons et traversons le lagon en slalomant entre les cailles.

Le mouillage sud de Toau est toujours aussi beau et l'eau est à presque à 30° ! Le paradis n'est pas loin ! Le vent souffle un peu : enfin assez pour que Julien fasse de la planche à voile quand même. La baignade reste calme et tranquille entre les 2 motus : une piscine chauffée, sans vagues
Le motu est désert. Nous en profiterons pour faire un barbecue sur la plage avec l'équipage de Fakarêver. Au menu : bonite, saucisses, merguez, pommes de terre et taboulé. Nous finirons tous repus, la minette du motu aussi !
Il nous faudra l'après-midi pour nous en remettre, immergés dans l'eau pour lutter contre la chaleur excessive 
Lilas essaiera la bouée d'Hervé (baptisée Gilbert ... ne me demandez pas pourquoi, c'est Héloïse qui a choisi le nom) et Julien aussi pour une sieste sur l'eau.
Quelques passages de grains émailleront l'après-midi. Ils nous éviteront sauf le dernier qui nous incitera à rejoindre le bateau pour verrouiller les capots. Après une journée comme ça, on a du mal à croire que l'hiver commence (en France !). Ici, c'est l'été et l'eau est un bouillon : 31° relevé sous Lotus
Le 24 décembre, le vent tourne : un énorme grain passe et agite le lagon. La couleur du ciel derrière Fakarêver est assez explicite. Avec du vent de Nord Ouest, nous n'avons plus beaucoup de fond sous le bateau ... et le départ est décidé, malgré la pluie. Nous filons tout droit vers la passe (Fakarêver, plus prudent, suit son ancienne trace) et sortons les premiers. Mais le vent n'est pas avec nous et on se traine au moteur.
Quand le vent revient enfin, nous nous retrouvons au près très serré (évidemment !) et il faudra tirer un bord pour réussir à entrer dans la passe Nord de Fakarava à la voile, arrivée saluée par 3 gros dauphins. Fakarêver nous y a devancé, ayant choisi l'option moteur plutôt que tirer un bord ! Dans la passe, notre vitesse (environ 6 kt) s'additionne au courant rentrant : Lotus atteint les 12 kt !
L'arrivée devant Rotoava se fait sous la pluie (journée vraiment pluvieuse aujourd'hui !) et nous prenons une bouée non loin de Fakarêver et 6Gone. Après quelques courses, nous rejoignons 6Gone à la messe de Noël pour écouter les chants en tahitien.
Les louloutes sont vite lassées et on rejoint Lotus pour un apéro sympa avec l'équipage de Fakarêver (qui nous livre les oeufs qui s'étaient cachés quand nous étions dans le magasin. Le ravitaillement ici est limité. Les bateaux qui ravitaillent font la trêve de Noël. Prochain bateau : fin janvier !).
Au menu du réveillon à bord : des crêpes bretonnes, accompagnées de notre dernière bouteille de cidre.
Le 25 au matin, le père Noël a trouvé notre bateau : les louloutes sont gâtées. Les cadeaux préférés sont deux peluches : un petit dragon pour Violette et un petit lapin pour Lilas, une voiture télécommandée (Lilas), un bateau télécommandé (Violette) ... elles ont eu aussi du parfum (avec des flacons marrants), des petits bijoux (avec des perles et keishis), des coloriages, des playmobils ...
et les grands ont été gâtés aussi : nouveaux lycras, chope de bière Hinano, panière en bois sculpté des Marquises, bijoux ...
Le temps par contre n'est pas top : nous suivons 6Gone qui part vers Hirifa (au sud de Fakarava) mais la nav est humide et peu ventée ... moteur et voile ... puis voile enfin, au près très serré comme d'habitude ! Le mouillage est désert.
Après une soirée sympa sur 6Gone (où nous dégusterons une bonne tarte au citron meringuée), c'est retour sur Lotus avec 2 enfants supplémentaires : soirée pyjama à bord ! Aure avec Violette, Lilas avec Axel. Ils s'endormiront tous très vite pour se réveiller seulement à 8h le lendemain matin : un record !
Le jour de mon anniversaire, c'est direction Koka Koka, un motu que nous connaissons déjà au sud de Fakarava. Pour y aller, Julien hissera notre spi (réparé à Papeete) ... enfin il essaiera ! La première fois, la chaussette se bloque à mi hauteur, la deuxième fois, aux 2 tiers !! Les noms d'oiseaux voleront mais le spi restera indifférent.
Heureusement, Koka koka n'est pas loin et même aux deux tiers, le spi nous y amènera.
Nous nous baignerons en attendant Fakarêver qui nous rejoindra dans l'après-midi. Après un goûter d'anniversaire à bord, c'est sur le motu que nous terminerons la soirée avec un barbecue.
Le lendemain, direction la passe sud de Fakarava ; cette fois, pas la peine de se battre pour avoir une bouée : il n'y a personne ! Nous profiterons tranquillement de la passe en nous laissant dériver à la surface. Violette étrenne dans l'eau son nouveau jouet : une petite caméra appareil photo avec un boitier étanche. La piscine naturelle aux requins, devant les bungalows d'un petit hôtel, est toujours aussi sympa pour voir de près des pointes noires pas farouches. Lilas pendant ce temps, reste sagement sur le bateau, avec son goûter et un bon dessin animé.
Le soir, une partie de Time's up opposera les femmes aux hommes : ils n'avaient donc aucune chance 
Après un petit tour aux sables roses de Fakarava, nous abandonnons Fakarêver pour rejoindre la passe Nord de Fakarava, où 6Gone nous rattrape, et nous voilà partis pour Ahe, un atoll à 100 M au Nord.


Les Gambiers

Allez, appareillage à 17 h pour les 3 bateaux, direction les Gambier : 660 M à faire avec une "fenêtre météo" de Nord Est (si on attend du Nord Ouest, on peut passer 2 semaines à Tahanea ...).
Le passage de la passe se fait sans encombre mais nous essuyons un premier grain juste après ! Suivi de 2 autres, ça commence bien !! En fait, les premières 24 heures seront secouées !! Lotus est évidemment au près très serré, avec 20 à 30 kt de vent et une bonne grosse mer bien hachée ! On avance mais ça tape, ça claque, ça secoue ! Le capot avant bâbord fuit (le pont est submergé régulièrement par les vagues !), le sapin de Noël descend d'un étage ... la plaisance c'est le pied !!
Je migre dans la cabine arrière bâbord avec Lilas pour pouvoir dormir (papa a du nez : c'est la meilleure couchette quand on est au près avec une mer démontée !). Le lendemain matin, on ne voit plus nos bateaux copains. Le temps va heureusement se calmer dans la journée et la navigation devient plus agréable. Nous sommes partis le 11 janvier à 17 h ; nous arriverons le 16 janvier à 8h à Rikitea, sur l'île de Mangareva. Avant d'y arriver, l'odeur de l'île nous est parvenue : humus, feuille, herbe ... c'est bien vert !
Reste à attendre nos 2 copains bateaux : 6Gone arrivera en début d'après-midi, Fakarêver quelques heures plus tard. Julien est content : nous n'avons rallumé nos moteurs que dans la passe contrairement aux 2 autres qui ont dû s'aider un peu au moteur, faute d'avoir assez serré le vent.
Côté pêche, deux petits poissons ont daigné mordre à nos lignes le 14 janvier ... un peu petites les daurades.
Enfin, nous sommes arrivés aux Gambiers et contents d'y être enfin. Le retour vers les Tuamotu sera certainement plus agréable puisque nous n'aurons pas à lutter contre la mer !
Le village de Rikitea est à l'image des villages polynésiens : une rue au bord de la mer avec de part et d'autres quelques habitations, 3 supérettes, une poste, une mairie, quelques snacks .... A noter qu'au village il y a 2 chapelles et une cathédrale, totalement disproportionnée ici.
Allez, voilà la minute culture, rien que pour vous : "en 1834, les Gambier étaient une escale importante pour l'approvisionnement des navires et produisaient de la nacre. A cette époque, une mission catholique convertit rapidement l'ensemble de la population qui en 50 ans, passa de 6000 habitants à 463 !! 2 causes majeures à ce désastre démographique sont avancées : les maladies européennes importées par les navires de passage combinées à l'action du supérieur de la mission qui se comporta en esclavagiste, imposant aux mangaréviens un travail surhumain pour bâtir une série de monuments religieux !!"


Quant à nous, après une journée de récupération, les jambes nous démangent d'aller gambader un peu dans l'île. Nous voilà tous partis, dans l'après-midi (eh oui, il y a CNED le matin !) pour l'ascension du Mont Mokoto (425 m). La ballade est sympa : on suit d'abord la route, puis un sentier en sous-bois, où nous aurons la joie de trouver des framboises sauvages ! On continue sous une forêt de pins (et les épines par terre, ça glisse ! Car la pente est sévère quand même). C'est frais, et odorant mais mieux vaut ne pas s'arrêter trop longtemps : les moustiques sont à l'affût !!
A la bifurcation, nous tournons à droite, vers le mont Mokoto (à gauche c'est le mont Auorotini, 443 m, avec un chemin plus escarpé nous a-t-on dit ... on le garde pour la prochaine fois) et on continue à grimper, grimper ... grimper encore ... On sort de la pinède pour déboucher sur un pâturage pentu, où quelques chèvres se régalent. La vue est spectaculaire.
Après une petite pause, nous entreprenons l'escalade du sommet : je dis bien escalade car c'est franchement super pentu et, avec Lilas sur le dos, je grimpe précautionneusement à 4 pattes la plupart du trajet !! Pffiiuu, si ça c'est la balade "facile" !!
La descente sera aussi épique : j'adopte la descente en marche arrière pour avoir de bonnes prises pendant que Julien aide Violette, qui y laissera son fond de culotte à force de glisser sur les fesses. On repasse par les framboises (étonnamment beaucoup moins nombreuses qu'à l'aller !) et on fait un stop sous un pamplemoussier. A priori, il a fait très froid aux Gambier car les fruits sont en retard et les pamplemousses encore un peu verts. On espère qu'ils vont mûrir sur le bateau et on se charge d'une douzaine de pamplemousses pour que la fin de la rando soit sportive aussi. On arrivera sur les rotules, chargés de pamplemousses mais aussi de bananes et fruits de la passion, gentiment donnés par un habitant. Nous avons donc le plein de fruits !!
Côté ravitaillement, les supérettes ont l'essentiel mais les légumes sont rares : j'achète les dernières carottes ! Rendez-vous dans 15 jours, pour le frais, à l'arrivée du prochain bateau.
Côté internet, nous relevons nos mails au snack Jojo (raisonnable côté prix, les frites sont bonnes et il fait aussi supérette). Le débit est très limité mais nous ne sommes pas coupés du monde et nous avons même la télé !
Pour ne pas laisser les courbatures s'installer, nous repartons le lendemain pour le chemin traversier Kirimiro (le chemin part en face du snack Jojo) : la balade est plus facile et on arrive rapidement de l'autre côté de l'île. On suivra la route à la recherche d'un endroit sympa pour pique-niquer et on finira à la pension Maroi qui possède une petite plage de sable fin. Son propriétaire, Michel, nous autorisera gentiment à nous installer : c'est la semaine de vacances pour sa pension. Pendant que les enfants se baignent, il prendra le temps de nous parler de sa ferme perlière, de nous montrer sa production et nous repartirons avec des pieds d'huîtres perlières tous prêts à être dégustés !
Sur le chemin du retour, nous cueillerons 2 régimes de bananes, histoire de ne pas rentrer trop légers ! et un habitant, en nous voyant passer, nous demandera si on veut des bananes mûres. Cette question !! et hop, un 3ème régime, à déguster rapidement
Bon, côté fruits, on est bon. Il paraît qu'il y a un maraîcher à la sortie du village ... Anne et moi bifurquons vers là pendant que le reste de la troupe rentre à bord, chargés des bananes. Nous marcherons jusqu'au bout du chemin mais le maraîcher n'est pas là et de toute façon, il n'y a plus un légume dans son jardin : c'est l'échec !


Nouvel an à Ahe puis Tahanea

Le 29 décembre, nous quittons Fakarava vers Ahe, en compagnie de 6Gone.
Les conditions de navigation sont bonnes : 20 à 25 kt de vent, travers au début, au près à la fin. Nous arrivons dans la matinée du 30 décembre, toujours bredouilles côté poissons et avec 30 kt de face dans le lagon. 
Ahe est peu peuplée : ce n'est pas là que nous trouverons de quoi nous ravitailler en frais ... eh bien c'était sans compter sur Mirage dont l'équipage a acheté un motu au sud de l'atoll. Ils avaient fait une commande par avion en nous incluant gentiment. A nous les citrons, bananes, avocats, salades, carottes, courgettes, chou vert ...

Ahe étant un peu isolé, il a la chance de ne pas être touché par la ciguatera ( les poissons mangent une petite algue les rendant impropres à la consommation. Cela engendre la gratte et peut aller jusqu'à des dommages neurologiques !). Edouard (de Mirage) nous pêchera quelques poissons le matin pour le repas du soir. Le réveillon est prévu sur la plage, à côté d'un joli hôtel qui tirera un feu d'artifices ! Top !!
Le lendemain, nous voilà partis à la queue leu leu derrière Mirage pour rejoindre son motu. La navigation se fait à la voile ... et c'est là qu'on voit que Mirage est nettement plus rapide que Lotus ou 6Gone ! Heureusement, il nous attendra pour débuter le slalom entre les bouées des fermes perlières. C'est un vrai champ de mines ! Il y en a partout, parfois immergées ... on passe au point mort quand on passe au-dessus d'une ligne de bouée ... Nous arriverons sans encombre devant leur motu (nommé Pahere).
Le mouillage se fait par 15 m de fond, au milieu des patates de corail. On croise les doigts pour que la chaîne ne reste pas coincée quelque part !
Le mercredi 2 janvier, nous jouons les aventuriers : débarquement sur le motu de Mirage en force ! Edouard a déjà balisé un petit chenal pour les annexes ce qui facilite le débarquement. Un petit tour dans le motu nous permet d'atteindre une petite plage où nous ferons un barbecue. Mais avant ça, il faut aller pêcher !! Pendant que l'équipe des garçons part vers le platier, je commence le tour du motu avec Lilas et un sac poubelle. L'opération propreté s'arrêtera vite : le sac est rapidement plein des divers déchets, bouteilles en plastique, tongs ... qui se sont accumulés à l'intérieur du lagon. Il y a du boulot !!
Nous ferons le tour complet, en passant par le platier et en ramassant des jolis coquillages. Pendant  ce temps, c'est un succès pour les garçons qui ramèneront un beau poisson (un napoléon) que nous dégusterons en barbecue.
Violette et Aure adopteront pour quelques heures un petit margouillat qui restera bien tranquille sur leurs mains, à leur grande joie.
Nous retournerons au mouillage devant l'hôtel le lendemain, en faisant un stop au village pour un ravitaillement limité (oeufs, viande surgelée, farine ...). L'activité du jour : surf tracté derrière l'annexe. C'est un franc succès.
Le soir, les grands se font une soirée resto (une fois n'est pas coutume) à l'hôtel. Les filles restent à bord devant un dessin animé avec des crêpes au menu : aucune plainte n'a été enregistrée !
Quant à nous, nous nous sommes régalés : en entrée, cassolette de bénitiers suivie de 3 poissons différents (tous excellents : la pêche du jour !) accompagnés de petits légumes. En dessert : gâteau tomate avec glace ananas et coulis de mangue. Une adresse à ne pas manquer sur l'île : le Cocoperle lodge. Le propriétaire est sympathique, le restaurant excellent et il y a maintenant 2 bouées à disposition des bateaux de passage.
Le 5 janvier, nous fêtons, un peu en avance, l'anniversaire de Renaud (4 ans) sur Mirage. Nous avons une bonne fenêtre météo pour filer vers Tahanea.

Appareillage le 6 janvier à 7h30 : il faut retraverser tout le lagon avant de mettre le cap Sud Est. Le vent est tranquille entre 10 et 14 kt. Malgré tout, vers 20h, un bruit nous alerte : notre spi, réparé depuis peu, vient de se redéchirer sur toute la longueur !! Zut alors (pour être polie !)
Autre grosse déception : un énorme poisson a mordu à la canne à pêche et après une bataille épique pour le remonter ... la ligne a cassé à quelques mètres du bateau ! Je censure Julien qui ne s'en est toujours pas remis !!
L'arrivée sur Tahanea se fait par la passe Teavataru et on mouille au NW de la passe dans de l'eau turquoise. Julien, plein d'optimisme, se met au boulot pour réparer le spi : il découdra, je recoudrai ... et advienne que pourra ! Cela nous tiendra bien occupé, le temps que 6Gone (qui a fait une pause à Fakarava) et Fakarêver nous rejoignent. Au programme, dérivante dans la passe (où certains apercevront un gros requin tigre) et apéro bien sûr !
Nous ferons une journée au sud de Tahanea, mais nous reporterons à plus tard le barbecue sur la plage : après examen de la météo, une fenêtre est possible pour aller jusqu'aux Gambier. C'est loin : 660 M à faire ... Fakarêver et 6Gone sont motivés ... Bon allez, pourquoi pas ?
Nous revenons près de la passe Teavataru (où nous trouvons à notre grande surprise l'Aranui 5 !) et après un barbecue sur la plage et un après-midi baignade, on se motive : en avant vers les Gambier !!









Les Tuamotus à Noël

Après presque un mois à Papeete, nous voilà repartis, enfin ! L'escale était très plaisante mais la baignade nous manquait à tous :)
Samedi 15 décembre (joyeux anniversaire Vincent !) : nous avons atttendu la fin de l'école pour les louloutes pour décoller (ok c'est plutôt appareiller) vers la marina Taina. Nous voulons passer voir l'état et l'emplacement de la bouée d'un ami d'ami, pour un futur passage à Tahiti.
Nous avons le plaisir de retrouver Mirage que nous croyions déjà partis vers Ahe aux Tuamotu, mais il y a toujours des aléas sur les bateaux et ils ont été retardés. Pas le temps de boire un coup (au grand désespoir de Julien !), nous partons en annexe faire le répérage de la bouée. Au bilan, la bouée semble correcte (un peu envahie par la végétation aquatique) mais par contre, nous ne sommes pas sûrs d'arriver jusqu'à elle sans frotter à certains endroits. A réfléchir :) Cela nous a donné l'occasion de faire la connaissance de Jean-Pierre, son propriétaire, qui a la chance de vivre dans un joli faré au bord de l'eau. Nous sommes repartis chargés de pamplemousses qui seront bien appréciés, surtout aux Tuamotu où le ravitaillement en frais est compliqué !

Sitôt revenus au bateau, nous appareillons vers Toau. La météo n'est pas terrible mais elle le deviendra encore moins dans la semaine à venir alors on se lance :)
Le départ se fait au moteur ... et il faut se résoudre à continuer au moteur : en fait, il n'y a pas de vent du tout ! Nous commençons donc par une nuit au moteur au grand dam de Julien. La mer est calme, c'est déjà ça !
Le premier jour passe doucement : le vent varie de 5 à 8 kt, on n'avance pas ... Il y a 250 Nq à faire ... ils vont être longs !
Nos deux lignes de pêche ne donnent rien ...
La deuxième nuit est paisible mais on sait déjà qu'on n'arrivera pas avant la nuit prochaine. Pffff !
Le vent, sensé s'orienter au Sud Est, reste obstinément orienté à l'Est, Nord Est, faible heureusement. On avance doucement, au près avec des périodes où le vent monte à 15 kt et où nous décollons de nos 3 kt vers les 6 kt !
Pas moyen d'aller en direct sur Toau, nous décidons donc de passer derrière un atoll et de tirer un bord. Nous virons de bord à la tombée de la nuit ... et le vent tourne un peu avec nous ! Zut, la ligne droite jusqu'à Toau n'est toujours pas possible : il faudra tirer encore un bord ou deux ! Nous sommes à 50 Nq de l'anse Amyot que nous visons. Nous craignions d'y arriver de nuit ... en fait la nuit sera longue : du vent, plus de vent, un grain (30 kt en quelques secondes), puis tellement plus rien qu'il faut allumer un moteur pour ne pas reculer, puis de nouveau un grain (35 kt !) puis ...
nous arrivons enfin, avec 30 kt de vent, de face évidemment, vers 7h du matin.
Fakarêver et 6Gone nous attendent bien à l'abri et nous venons prendre une bouée juste à côté d'eux, pas fâchés d'être arrivés enfin !
Départ samedi 18h, arrivée mercredi matin 7h ... pas top la moyenne pour faire 250 Nq !
Mais Julien est content : il fête son anniversaire aux Tuamotu et en bonne compagnie :)

La journée, c'est récupération : baignade et sieste ! Violette a retrouvé Héloïse et Aure. Nous ne la verrons pas de l'après-midi qu'elle passera sur le motu avec ses copines.

Le lendemain, nous appareillons tous les trois de bonne heure, direction la passe Sud Est de Toau pour rentrer dans le lagon cette fois. Car l'anse Amyot est un mouillage particulier : une anse protégée mais hors du lagon. Dommage que ça ne passe pas en direct !
Cette navigation sera décevante : pas un poisson (pour les 3 équipages !) et une navigation au près très serré (ça n'avance pas !). Même Julien devra se résoudre à allumer le moteur quelques fois !
Heureusement, le mouillage est joli.
Nous ferons une petite ballade sur le platier avec l'équipage de Fakarêver : la chasse aux bulots sera sportive car la marée n'est pas encore basse. Hervé se fera surprendre par une vague et y perdra ses lunettes de soleil. Heureusement, plus de peur que de mal ! Lilas restera tout au bord avec moi et ramènera de jolis coquillages.
Le soir, un debriefing de nos navigations respectives (passionnantes !) s'imposait autour d'un apéro sur Fakarêver :)
Le lendemain, 6Gone continue sur Fakarava pendant que nous filons vers le sud de Toau rejoindre Fakarêver (parti plus tôt que nous). Cette fois, la navigation est chouette : du vent plein travers, du soleil et pas de vagues (forcément : dans le lagon :). Nous faisons confiance aux cartes que nous avons et traversons le lagon en slalomant entre les cailles.

Le mouillage sud de Toau est toujours aussi beau et l'eau est à presque à 30° !
Le paradis n'est pas loin ! Le vent souffle un peu : enfin assez pour que Julien fasse de la planche à voile quand même. La baignade reste calme et tranquille entre les 2 motus : une piscine chauffée, sans vagues :)
Le motu est désert. Nous en profiterons pour faire un barbecue sur la plage avec l'équipage de Fakarêver. Au menu : bonite, saucisses / merguez, pommes de terre et taboulé. Nous finirons tous repus, la minette du motu aussi :)
Il nous faudra l'après-midi pour nous en remettre, immergés dans l'eau pour lutter contre la chaleur excessive :)
Lilas essaiera la bouée d'Hervé (baptisée Gilbert ... ne me demandez pas pourquoi, c'est Héloïse qui a choisi le nom) et Julien aussi pour une sieste sur l'eau.
Quelques passages de grains émailleront l'après-midi. Ils nous éviteront en grande partie sauf le dernier qui nous incitera à rejoindre le bateau pour verrouiller les capots. Après une journée comme ça, on a du mal à croire que l'hiver commence (en France !). Ici, c'est l'été et l'eau est un bouillon. 31° relevé sous LOTUS :)
Le 24 décembre, le vent tourne : un énorme grain passe et agite le lagon. La couleur du ciel derrière Fakarêver est assez explicite. Avec du vent de Nord Ouest, nous n'avons plus beaucoup de fond sous le bateau ... et le départ est décidé, malgré la pluie. Nous filons tout droit vers la passe (Fakarêver, plus prudent, suit son ancienne trace) et sortons les premiers. Mais le vent n'est pas avec nous et on se traine au moteur.
Quand le vent revient enfin, nous nous retrouvons au près très serré (évidemment !) et il faudra tirer un bord pour réussir à entrer dans la passe Nord de Fakarava à la voile, arrivée saluée par 3 gros dauphins. Fakarêver nous y a devancé, ayant choisi l'option moteur plutôt que tirer un bord ! Dans la passe, notre vitesse (environ 6 kt) s'additionne au courant rentrant : Lotus atteint les 12 kt !
L'arrivée devant Rotoava se fait sous la pluie (journée vraiment pluvieuse aujourd'hui !) et nous prenons une bouée non loin de Fakarêver et 6Gone. Après quelques courses, nous rejoignons 6Gone à la messe de Noël pour écouter les chants en tahitien.
Les louloutes sont vite lassées et on rejoint Lotus pour un apéro sympa avec l'équipage de Fakarêver (qui nous livre les oeufs qui s'étaient cachés quand nous étions dans le magasin. Le ravitaillement ici est limité. Les bateaux qui ravitaillent font la trêve de Noël. Prochain bateau : fin janvier !). Au menu du réveillon à bord : des crêpes bretonnes, accompagnées de notre dernière bouteille de cidre.
Le 25 au matin, le père Noël a trouvé notre bateau : les louloutes sont gâtées :) Les cadeaux préférés sont deux peluches : un petit dragon pour Violette et un petit lapin pour Lilas, une voiture télécommandée (Lilas), un bateau télécommandé (Violette) ...

elles ont eu aussi du parfum (avec des flacons marrants), des petits bijoux (avec des perles et keishis), des coloriages, des playmobils ...
et les grands ont été gâtés aussi : nouveaux lycras, chope de bière Hinano, panière en bois sculpté des marquises, bijoux ...
Le temps par contre n'est pas top : nous suivons 6Gone qui part vers Hirifa (au sud de Fakarava) mais la nav est humide et peu ventée ... moteur et voile ... puis voile enfin, au près très serré comme d'habitude ! Le mouillage est désert. Les enfants débarqueront sur la plage où il y a quelques animaux : de quoi les occuper tout l'après-midi !!



Après une soirée sympa sur 6Gone (où nous dégusterons une bonne tarte au citron meringuée), c'est retour sur Lotus avec 2 enfants supplémentaires : soirée pyjama à bord ! Aure avec Violette, Lilas avec Axel. Ils s'endormiront tous très vite pour se réveiller seulement à 8h le lendemain matin : un record !
Le jour de mon anniversaire, c'est direction Koka Koka, un motu que nous connaissons déjà au sud de Fakarava. Pour y aller, J


ulien hissera notre spi (réparé à Papeete) ... enfin il essaiera ! La première fois, la chaussette se bloque à mi hauteur, la deuxième fois, aux 2 tiers !! Les noms d'oiseaux voleront mais le spi restera indifférent !


Heureusement, Koka koka n'est pas loin et même aux deux tiers, le spi nous y amènera.
Nous nous baignerons en attendant Fakarêver qui nous rejoindra dans l'après-midi.
Après un goûter d'anniversaire à bord (et Julien m'a fait une tarte au citron meringuée, miam !!), c'est sur le motu que nous terminerons la soirée avec un barbecue.
Le lendemain, direction la passe sud de Fakarava ; cette fois, pas la peine de se battre pour avoir une bouée : il n'y a personne ! Nous profiterons tranquillement de la passe en nous laissant dériver à la surface.
Violette étrenne dans l'eau son nouveau jouet : une petite caméra appareil photo avec un boitier étanche. La piscine naturelle aux requins, devant les bungalows d'un petit hôtel, est toujours aussi sympa pour voir de près des pointes noires pas farouches. Lilas pendant ce temps, reste sagement sur le bateau, avec son goûter et un bon dessin animé.
Le soir, une partie de Time's up opposera les femmes aux hommes : ils n'avaient donc aucune chance :)
Après un petit tour aux sables roses de Fakarava, nous abandonnons Fakarêver pour rejoindre la passe Nord de Fakarava, où 6Gone nous rattrape, et nous voilà partis pour Ahe, un atoll à 100 Nq au Nord.


mardi 15 janvier 2019

Mercredi 16 janvier 2019

Bonjour à tous et Bonne année 2019,

Lotus est retourné dans les Tuamotus, il faut dire que c'est sans aucun doute le paradis de la vie en voilier. On peut jouer les Robinsons dans presque tous les atolls, vivre en totale autonomie dans des lagons inhabités. C'est vraiment une aventure inoubliable qui laissera des traces dans la vie de ceux qui la vivent. Veinards !

Bien sûr, il y a quelques inconvénients comme le manque de communications avec le reste du monde, mais ne pas avoir de nouvelles pendant un mois ou plus n'est pas vital. Peut-être des difficultés d'approvisionnements, mais manger du riz et du poisson tous les jours ne peut pas nuire à la santé, n'est-ce pas ?

Après avoir passé les fêtes de fin d'année et le nouvel an avec les bateaux copains, Lotus va mettre cap au sud vers les îles Gambiers en cabotant par les atolls moins connus du sud de l'archipel des Tuamotus.

Nous n'aurons sans doute pas de nouvelles avant l'arrivée aux Gambiers.

Meilleurs voeux à tous

JF

vendredi 14 décembre 2018

Papeete quand tu nous tiens

Voilà maintenant quelques semaines que nous sommes à quai, à la marina de Papeete. Dans l'ensemble, nous avons eu de la chance côté météo car le ciel a été clément (on est quand même en pleine saison des pluies ).  
Les trajets jusqu'à l'école ont été épargnés, à part une seule fois, l'occasion d'aérer nos beaux parapluies (oui il y a de tout sur Lotus !!)

Nous avons pu profiter de la proximité du centre-ville pour faire des emplettes (tissus, perles, fruits et légumes, pain ...) et du joli parc Paofai pour que les filles s'amusent. Nous avons même eu la chance de pouvoir assister à la projection de 2 dessins animés dans le parc.
Il y a aussi eu le salon de la beauté et du bien être dans le parc, et le salon des Marquises en ville : l'occasion de faire quelques achats car j'adore le travail du bois des marquisiens. J'ai craqué !

Côté école, les deux louloutes ont beaucoup apprécié. Violette s'est fait des copines et  a demandé à aller à la cantine dès le premier jour ! Bien sûr, maintenant elle n'arrête pas de dire que le CNED c'est beaucoup plus compliqué que la "vraie école" !
Lilas s'est bien adaptée aussi et dans l'ensemble, elle apprécie l'école et sa maîtresse. Les premiers jours, elle était surtout contente de trouver autant d'enfants "de son âge" dans l'école ! 
Elle a fait une sortie randonnée à la vallée de la Fataua : elle est revenue couverte de boutons de moustiques, malgré l'anti-moustique.

Elle a aussi eu droit à une sortie scolaire à la poste de Papeete pour y poster sa lettre au père Noël et apprendre le trajet d'une lettre à la poste. Je m'étais proposée en parent accompagnateur, d'où les photos !



Et le lendemain, toute la classe recevait une carte postale du père Noël en réponse à leur lettre

Côté bateau, le moteur tribord est réparé : entre le démontage, la réparation de la pompe à injection, et le remontage, les frais sont élevés ... mais nécessaires ! Les louloutes, qui s'étaient installées dans la "cabine de papy" ont pu réintégrer la leur. Enfin juste Violette car Lilas a décidé de rester dans cette cabine (jusqu'à ce que papy revienne)



Dans notre cabine, nous avons changé notre matelas pour un tout neuf, fabriqué sur mesure (et à un prix raisonnable) par Tahiti Matelas. Leur magasin est en face de la marina, ce qui est pratique pour la livraison.
(tahitimatelas@gmail.com / 40 42 99 98)
Que faire des vieux matelas ? eh bien j'en ai profité pour changer 2 mousses d'assises du carré (je le dis parce que ça ne se voit pas !) et le reste a servi à faire 2 mini-matelas que j'ai glissé entre les matelas des cabines arrières. Maintenant quand les filles "sortent" de leur matelas en dormant, elles sont toujours bien installées. Il faudra que je fasse une photo, ce sera plus parlant.

Le samedi 8 décembre, Gilbert est venu à bord pour assister à la JPO de la base navale avec nous : l'occasion de visiter le Bougainville qui ne ressemble pas du tout au bateau dont je me souvenais ... forcément, je me rappelais de l'ancien et celui-là est tout neuf !! C'est un bateau multimission qui date de 2016. De son pont, nous avons assisté à l'exercice d'hélitreuillage de naufragé par le dauphin de service public. Souvenirs ... Lilas, elle, a plus apprécié la pause gourmande que la visite


Petit clin d'oeil : sur la base navale, nous avons aussi trouvé le carré de Lotus

La vie en marina est plaisante :
- on fait connaissance de nouveaux bateaux (Gaïa, Esploristo, Catleya) et on en retrouve d'autres (Fakarêver, Makena, Karemo, Imagine, Awa ...).
- pas besoin de prendre l'annexe pour descendre du bateau : Violette va voir ses copines de pontons quand elle veut.
- tout est à portée de jambes ou de vélo ce qui est bien pratique. Merci d'ailleurs à Gaïa dont le vélo (équipé d'un siège enfant) nous a servi tous les midis pour récupérer Lilas à l'école et la ramener ensuite. 
- mettre les filles à l'école a été une parenthèse bienvenue dans le CNED
- le ravitaillement en eau est plus simple
- par contre il faut être prudent : il y a des vols dans la marina.  Notre canoë a été "emprunté" deux fois (dont une fois alors qu'il était sanglé à bord !) mais heureusement, nous l'avons retrouvé à chaque fois, bien attaché au ponton. Certains se sont fait voler de l'argent (les voleurs sont rentrés dans le bateau et ont vidé les porte-feuilles !).
- et côté porte-feuille, l'escale fait mal : pas tant la place de port (150 euros par semaine) que les travaux et les dépenses d'entretien nécessaires : le moteur tribord, le spi à réparer, le génois à renforcer (la bande anti-UV se décousait), du bout, un extincteur, une nouvelle rame pour l'annexe, de la mousse marine avec du revêtement adapté pour refaire le siège de barre (le sunbrella acheté en Martinique a moisi ... a priori parce que notre mousse n'était pas faite pour l'extérieur) .... 
- j'ai aussi investi dans une nouvelle machine à coudre car la mienne avait tendance à tousser.
L'ancienne est maintenant à bord d'Esploristo (Stéphane se sentait l'humeur bricoleuse). Et ma nouvelle machine a fait ses preuves sur les housses de matelas de Fakarêver. Je pensais que ce serait facile mais faire des housses pour des matelas qui ne sont pas rectangulaires, avec du tissu taillé en 90 cm de large, eh bien ce n'est pas simple !! Reste encore à vérifier si j'ai bien travaillé en les essayant ! Prochain atelier : réfection de la housse du siège de barre !!

 En attendant, on profite des derniers jours : des manèges ont été installés dans le parc Paofai pour le plus grand bonheur de Lilas (à qui je viens de recouper les cheveux).
Nous avons été pendre la crémaillère chez Gaïa (qui est vendu ! tout comme Karemo !). Notre tour viendra ... mais pas tout de suite !
Demain c'est le dernier jour d'école (et la fin de nos vacances, nous les parents). J'ai passé la soirée à faire des crêpes pour le goûter de Noël de l'école de Lilas.

Pendant notre dernière matinée de libre (l'école finit à 11h le vendredi !), nous irons au marché de Noël regarder les jouets


Je dis "regarder" car notre frigo du bas vient de tomber en panne : a priori le compresseur est mort ! Encore des dépenses en perspective ... ou ça attendra après les Tuamotu parce qu'on ne s'attardera pas plus : la baignade nous manque trop et une fenêtre météo est possible lundi pour retourner aux Tuamotu, rejoindre 6Gone et Fakarêver et passer Noël en se baignant dans une eau translucide !

Et, parce que les communications sont plus compliquées aux Tuamotu, je profite de cet article pour vous souhaiter à tous un joyeux Noël et une bonne année
Où serons-nous l'année prochaine à Noël ? 

mercredi 21 novembre 2018

Tahaa, Raiatea et retour vers Tahiti

Après encore quelques jours passés près du motu Tautau à Tahaa, pour profiter du jardin de corail, nous avons changé de mouillage après un tout petit tour dans le village du fond de la baie. Il y a une (toute petite) supérette, une station service, des vendeurs de fruits (ravitaillement en mangues et bananes effectué) et 2 rhumeries : Manao, dont l'alambic se trouve à Tahiti (ici, ils récoltent et pressent les cannes pour récupérer le jus) et Manutea, dont l'alambic est sur place et qui produit le "rhum de Tahaa".
En faisant le tour par le bas de Tahaa, nous avons rejoint Fakarêver, au niveau de la passe de Toahotu, côté Est. Le mouillage se fait sur un plateau de sable, par environ 2 m de profondeur. Nous avons d'abord mouillé en bordure du plateau, avant d'avancer de 200 m sur le plateau pour se rapprocher de la barrière de corail : pour voir des patates de corail environnées de jolis poissons, nous sommes mieux placés

D'ailleurs, pendant ma baignade du matin, j'ai aperçu 2 raies pastenagues et une "limace des mers" très spéciale : on a l'impression qu'elle a une fleur sur le dos

Le mouillage est joli mais il est peu protégé des vents dominants d'Est ! Julien, lui, a apprécié : un spot de planche à voile idéal !

A Tahiti, il avait enfin racheté un pied de mât ... avant de s'apercevoir qu'il n'était pas compatible avec celui de son mât ... heureusement, l'équipage de 6Gone nous avait amené la pièce compatible à domicile
Avec 20 kt de vent, il a passé des heures à sillonner le lagon de Tahaa.
Il a même tenté une fois la "petite" voile mais les 25/30 kt de vent sont vite retombés. J'ai osé faire voler le drône une fois, d'où les photos (mais 20 kt de vent, ce n'est pas top pour lui : la récupération a été sportive, surtout que c'était Violette qui devait me rattraper la "bête" ! 




 

Nous avons accompagné Fakarêver à la "vallée de la Vanille" : à savoir qu'on peut y aller en annexe, en la laissant accrochée à un ponton à 200 m de là. Nous ne le savions pas, nous avons donc été dans un tout petit port en fond de baie et nous avons attendu la navette (gratuite) qui nous a amené sur place.


La visite est sympathique : on nous explique que la vanille est une plante "parasite" : un genre de lierre qui pousse autour d'autres arbres (et ici, ils ont choisi des arbres fruitiers : pamplemousse, goyave, mangues ...). La variété cultivée en Polynésie est une variété hybride de 4 vanilles (dont je n'ai pas retenu les noms savants) et cela donne une vanille assez "grasse". Les gousses sont cueillies mûres (marrons) ou vertes si les oiseaux se montrent trop gourmands en les attaquant. Ici, ils font aussi de l'huile de tamanu, connue pour ses vertus curatives pour toutes les affections de peau, de la brûlure à la démangeaison ou simplement la peau sèche. Nous sommes repartis avec de l'extrait de vanille et de l'huile de tamanu
et 5 régimes de bananes, des mangues, des pamplemousses ... Julien a simplement demandé aux propriétaires s'ils vendaient leurs fruits. Et non, ils ne les vendent pas : ils nous les ont donnés ! C'est donc ravitaillés copieusement en fruits (partagés avec Fakarêver) grâce à la générosité tahitienne que nous sommes retournés à bord.
A l'heure où je parle, tous les régimes ont mûri ... on n'arrive pas à faire face ! Bananes au petit dej, à la pause de 10h, en dessert à midi, au goûter, au dessert du soir ... bananes flambées, bananes en purée, bananes en crumble, gâteau bananes-chocolat ... on frise l'indigestion ! J'entends d'ici papa dire : "il faut les faire sécher pour ne pas les perdre !" ... mais bon, on n'est pas très fan des bananes séchées

Lundi, nous sommes partis vers Uturoa, la ville principale de Raiatea, pour un petit ravitaillement. Pas de mouillage pratique : c'est soit trop profond, soit pas assez ! Nous avons suivi l'exemple de Fakarêver et pris une bouée de la société charter, près du motu en face du port. Cela nous coûtera un pack de bières, à amener à la marina. La petite ville d'Uturoa n'a pas un charme fou ... nous ne nous attarderons pas. Fakarêver prendra le temps de monter au belvédère, ballade charmante et facile selon eux : on la garde pour la prochaine fois

Nous avons essayé un mouillage pas loin du motu .. au nord de la passe Iriru. C'est joli mais le mouillage n'est pas "facile" : nous avons posé l'ancre sur le début du plateau de sable : derrière nous, des fonds de 40 m, devant nous, un plateau de sable de 1,5 m de fond, parsemé de patates de corail : pas moyen de s'avancer ! Nous y passons la nuit avec un réveil très matinal : Julien me réveille à 5h du matin. Le vent a faibli : le bateau a tourné et on se retrouve au-dessus du plateau de sable ... et notre safran bâbord touche une patate de corail !

On remonte l'ancre et on part vers le sud pour rejoindre un autre mouillage. Le jour se lève à peine, la visibilité dans le lagon n'est pas top ... Heureusement, tout est bien balisé donc pas de danger mais on y va doucement pour arriver avec un peu plus de luminosité.
Nous visons un plateau de sable vers le motu .... annoncé sans danger : effectivement, le sondeur reste à 1,50 tout le long, il n'y a pas de patates de corail. Nous posons l'ancre non loin d'un autre catamaran qui partira dans la journée. Je pars visiter à la nage (en jetant un coup d'œil à notre safran : aucun dégât ouf !) : le plateau se poursuit, toujours aussi désert presque jusqu'à la barrière de corail : la prochaine fois, nous nous approcherons encore.
Fakarêver nous rejoindra en fin d'après-midi et nous ferons un point météo avec eux : si on veut retourner à Tahiti, il faut attendre une "renverse" du vent. Il devrait passer nord mais faible le lendemain ... La météo prévue pour les 10 jours suivants ne nous permettra pas de rentrer ...
Allez, on va suivre Fakarêver et remonter vers Tahiti avec eux. Nous les laissons partir jeudi vers 14h et nous décollons vers 16h30 après une ultime baignade. Le départ se fait au moteur : le vent est bien Nord mais avec 4 kt ... on n'avance pas ! D'ailleurs, c'est comme cela que se résume notre navigation jusqu'à 9h le lendemain matin : on se traîne avec un vent qui varie de 3 à 8 kt ... forcément, notre vitesse n'est pas fameuse : 2 à 4,5 kt (en pointe !!) toute la nuit ! Parce que forcément, dès que le vent a passé 5 kt, Julien a éteint les moteurs . Grand-voile au complet et genaker, on avance doucement mais sûrement.
On n'est pas arrivé ! Heureusement, au matin, le vent forcit enfin un peu vers 10/12 kt !!
A 9h30, on aperçoit Moorea !
Ai-je besoin de dire que nous avons nos lignes de pêche à l'eau ... que les poissons ignorent superbement !!
A 12h, le vent retombe ... alors oui, on avance encore à 2 kt ... mais arriver de jour c'est mieux ! On allume le moteur tribord pour arriver enfin à Tahiti vers 16h30 ... 24 h pour faire 110 M, pas fameux comme moyenne mais sans vent, pas de miracle !
La manœuvre pour rentrer dans une place se fait sans problème (quand il n'y a pas de vent, ça facilite les choses !). Nous voilà à quai pour quelques temps : nous devons faire réparer notre spi et, dernière avarie toute neuve, réparer le moteur bâbord qui laisse fuir du gazoil !
Julien donne un coup de main à Fakarêver qui retourne sa chaîne ... pas forcément une bonne idée en marina. Notre solution de le faire par 2 m de fond dans le lagon était plus facile

Nous profitons de ce stop en marina pour inscrire les filles à l'école du coin : nous avons été  bien accueillis et les formalités sont réduites.
Lilas a commencé mardi matin et son premier jour d'école est passé comme une lettre à la poste. Elle trouve génial que la cour de récréation soit remplie d'enfants de son âge
Violette, moins chaude au début, s'est laissé gagner par l'enthousiasme de sa sœur. Elle a commencé mercredi et c'est un succès : elle trouve ça beaucoup plus facile que le CNED et s'est déjà fait des copines.
Nous (les parents !) sommes donc "en vacances" jusqu'au 14 décembre, date des vacances scolaires de Noël à Tahiti.
A moi les boutiques de perle, la couture tranquille : du temps rien que pour moi !

Point négatif : pas de baignade au port ... mais on profite des parcs de jeux et mi décembre, on repart vers les Tuamotus (avis aux amateurs !)